Calais sous le soleil… la belle surprise !

Après une courte incursion de trois jours en Bretagne, à Redon, nous avons passé le week-end vers Cordemais sur les bords de la Loire, invités pour l’anniversaire de nos amis France et Louis. Une fête qui restera longtemps gravée dans nos mémoires ! Lundi 26 juillet, comme prévu, nous avons repris la route des Hauts-de-France, et après une étape de deux jours à Domfront-en-Poiraie dans l’Orne – beau village, voir les photos sur notre page Facebook – nous avons rejoint Calais…

Mercredi 28 juillet

Sous un ciel encore très gris, nous quittons l’agréable camping de Domfront-en-Poiraie à 7h tapante. La route n’est pas désagréable, et hormis un cafouillage à Rouen, lié au GPS qui tient absolument transformer notre camping-car en décapotable en s’obstinant à le faire passer sous un pont à 2.10m, nous ne subissons aucun ralentissement. A 14h, nous arrivons au camping du Grand Gravelot, à Calais, et après une installation rapide, nous sautons sur les vélos pour faire un premier tour des environs. La plage étant toute proche – à peine 200m – nous commençons par arpenter le front de mer où on retrouve les petites cabines de bain typiques des stations balnéaires de la mer du Nord : ici elles sont blanches !

On passe vers le hangar où est stationné le Dragon, une fantastique créature articulée de 25m de long pour 10m de haut, imaginée par François Delarozière. Conçu et fabriqué à Nantes par la Compagnie des Machines – qui, dans le même esprit, a déjà réalisé un bel éléphant – ce dragon sort à heure fixe sur le front de mer. Pas de bol, en raison d’un problème à la patte et d’un fort vent, aujourd’hui, il demeure immobile…

On poursuit notre route en longeant le Fort Rishan qui, après avoir été dépôt de poudres puis vigie du port, est maintenant un agréable lieu de balade. La vue sur le quartier maritime – le Courgain, aussi appelé Minck – y est superbe ! On contourne ensuite le bassin du Paradis, la plus vieille partie restante du port médiéval qui autrefois abritait jusqu’à 100 bateaux, pour rejoindre le phare.

On termine cette première balade devant l’Hôtel de ville flanqué d’un impressionnant beffroi, sûrement l’un des plus beaux de France ! Construit dans un style néoflamand entre 1911 et 1924, l’édifice se situe à la jonction des deux anciennes villes de Calais et Saint-Pierre-les-Calais, réunies en une seule commune en 1885.

Face à l’Hôtel de Ville, Les Bourgeois de Calais, superbement sculptée par Rodin, nous replonge dans l’histoire médiévale de la Cité. En 1346, au début de la Guerre de Cent Ans, les Anglais assiègent Calais. Après 10 mois de siège, les Calésiens, affamés, se rendent. Pour laisser la vie sauve à cette population exsangue, le roi d’Angleterre Edouard III exige le sacrifice de six hommes. Ce seront ces six notables représentés sur le monument, qui remettront à l’ennemi anglais les clés de la ville… Calais devient anglaise le 3 août 1347 et le demeure jusqu’au 6 janvier 1558 lorsque Henri II de France reprend la ville à Marie Tudor.

Après être resté plus d’une heure en admiration devant ces deux splendides réalisations – Les Bourgeois et l’Hôtel de Ville – nous reprenons les vélos et pédalons face au vent pour rentrer au camping, enchantés par cette première prise de contact avec Calais !


Jeudi 29 juillet

Le vent soufflant toujours en fortes rafales, ce matin c’est en bus que nous rejoignons le centre-ville. Bonne surprise : ici, tous les transports en commun sont gratuits, une belle initiative ! Nous descendons au Théâtre, construit dans le style Belle Epoque en vogue au début du XXe siècle.

Par les petites rues, nous gagnons la place Crèvecœur où se tient un petit marché. Bordé par une église, le Palais de Justice et la Bourse du Travail, le site est au cœur du quartier Saint Pierre, haut lieu de l’industrie dentelière qui s’est développée au XIXe siècle.

Toujours à pied, nous nous dirigeons vers l’Hôtel de Ville en passant par les boulevards Lafayette et Jacquard.

Avant de grimper dans le beffroi, on visite le premier étage du bâtiment municipal qui abrite la salle des mariages – où Charles de Gaulle épousa civilement la calaisienne Yvonne Vendroux – la salle du Conseil municipal et surtout le très beau vitrail représentant la reprise de Calais aux Anglais en 1558.

Une rapide montée en ascenseur nous conduit au sommet du beffroi. Les commentaires de la guide sont très intéressants, et surtout, à 75m de haut, on bénéficie d’un splendide panorama à 360° sur tous les environs !

Après la visite, on ne peut s’empêcher de faire une nouvelle pause devant les Bourgeois de Calais… Décidément, on ne se lasse pas de ce chef-d’œuvre de Rodin ! Une petite faim se faisant sentir – il est presque midi – on s’arrache à regret à ce site enchanteur, et on se pose au restaurant l’Authentique, situé boulevard Clemenceau, à côté de l’Office de Tourisme. Au menu : moules / frites arrosées d’un verre de blanc pour moi et d’une bière locale pour Gérard. Un délice, à prix doux !

Requinqués, on repart en direction du Musée des Beaux-Arts où on parcourt assez rapidement la collection permanente.

L’expo temporaire – Libres Figurations Années 80 – nous interpelle particulièrement et nous passons un long moment à examiner des créations qui, le plus souvent, bousculent carrément les codes de l’Art dit classique. Ainsi, on évolue dans un univers coloré aux formes parfois explosées qui ne laissent pas le spectateur indifférent… Demain, nous découvrirons la suite de cette expo également installée à la Cité de la Dentelle et de la Mode.

Après ce bain de culture, nous remontons la rue Royale jusqu’à la place d’Armes qui rend hommage à Charles de Gaulle et son épouse, et dont les statues sont installées à l’ombre de la Tour de Guet, probablement le plus ancien monument de Calais, dont l’édification remonterait au XIIIe siècle.

On achève cette balade urbaine par un détour jusqu’à l’église Notre Dame, un édifice emblématique de l’occupation anglaise au Moyen-Age. Probablement bâtie au XIIIe siècle, l’église fut en effet agrandie par les Anglais durant les 211 ans que dura leur présence sur le sol calaisien.

Le vent soufflant toujours très fort, cela ne nous empêche pas de rentrer au camping en longeant le front de mer.

Il y a beaucoup de monde, surtout sur les très beaux skateparks occupés principalement par des ados qui effectuent de jolies figures à trottinette. Agréable à observer, à défaut de pouvoir les imiter ! Du côté du dragon, pas de changement : il est toujours au repos…


Vendredi 30 juillet

De nouveau, c’est en bus que l’on rejoint le centre-ville de Calais, la météo étant annoncée pluvieuse et venteuse. On se dirige immédiatement vers la Cité de la Dentelle et de la Mode, installée dans un bâtiment moderne, le long du quai du Commerce. Avant de plonger dans cet univers textile particulier, nous visitons la suite de l’expo temporaire Libres Figurations Années 80. Comme hier, nous sommes interpellés par l’originalité de certaines œuvres…

Presque sans transition, la salle voisine nous entraine dans un voyage au cœur de la dentelle. Organisée de manière chronologique, l’exposition présente d’abord des pièces de dentelles réalisées à la main, aux fuseaux ou à l’aiguille. Apparue à la Renaissance, la dentelle ornait alors vêtements et intérieurs des élites européennes, et ce jusqu’au XIXe siècle, époque où la dentelle mécanique fut mise au point. (voir notre article sur Alençon où nous avons également visité un musée consacré à la dentelle)

L’histoire de la dentelle à Calais débute vers 1817 avec l’arrivée de quelques pionniers anglais qui introduisent les premiers Métiers Leavers. Moins de 10 ans plus tard, 40 fabricants font tourner 55 métiers et emploient 137 ouvriers, tandis que 900 femmes terminent les produits. C’est dire si cette industrie naissante a pris de l’ampleur ! Et jusqu’à la Première Guerre Mondiale, l’activité va s’intensifier, employant jusqu’à 31.000 salariés. Calais est alors la première place mondiale de la dentelle. Malheureusement, la crise économique des années 30, puis la Seconde Guerre Mondiale vont mettre fin à ce bel essor.

Pour mieux comprendre le processus de fabrication de la dentelle mécanique, nous assistons à une démonstration effectuée sur un métier Leavers et utilisant encore des cartons Jaquard qui définissent le motif à tisser : impressionnant !

Après un passage rapide dans une dernière salle présentant des créations modernes, nous déjeunons au restaurant du musée. Aujourd’hui, nous optons pour un parmentier de bœuf au cidre et un potjevleesch, une spécialité locale composée de viandes de lapin, de veau et de porc à déguster froid : succulent !

On se dirige ensuite vers le parc Saint-Pierre qui abrite le Musée Mémoire 1939-1945. Ce musée est installé dans le Mako Bunker, un long blockhaus, considéré comme le plus long d’Europe, construit par la Marine allemande durant l’Occupation. Les 21 salles nous remémorent, grâce à de nombreuses photographies d’époque, coupures de presse et objets de la vie quotidienne, les heures sombres de Calais durant la Seconde Guerre Mondiale, et nous racontent la vie des habitants durant cette douloureuse période. Émouvant…

A 15h, quand on ressort du musée, le vent a nettement forci et le parc Saint-Pierre est maintenant interdit d’accès au public. Sans tarder, nous reprenons le bus, et moins de trois minutes après avoir regagné notre camping-car, une superbe averse arrose tout le secteur. La journée se termine au rythme des rafales – 80km/h tout de même ! – qui sporadiquement secouent notre maison à roulettes !


Samedi 31 juillet

Éole semblant s’être un peu calmé, c’est avec seulement (!) un vent de face estimé à 50km/h que nous partons à vélo en direction de Wissant. Nous effectuons une première pause sur la plage de Sangatte où les planches à voiles sont de sortie !

Nous attaquons ensuite la belle grimpette qui mène au Cap Blanc Nez. Face à nous, les falaises blanches de Douvres semblent très proches…

Au sommet, on pose nos vélos et on continue à pied. De ce belvédère, le regard porte jusqu’au Cap Gris Nez, avant de plonger sur le petit village d’Escalles, en contrebas : superbe !

On renfourche les vélos et on pédale jusqu’à Wissant sur une route qui rappelle les montagnes russes : ça descend, ça monte, ça redescend…

Arrivés dans la petite station balnéaire, on se balade un bon moment sur le front de mer d’où la vue sur les deux caps est magnifique. En plus, la marée est basse, ce qui n’est pas pour nous déplaire !

Comme à Boulogne, à Berck et à Montreuil, des reproductions de tableaux sont exposées sur la promenade. Belle initiative !

Après un pique-nique avalé face à la mer du Nord, suivi d’une gaufre liégeoise dégustée en terrasse, il ne nous reste qu’à prendre notre courage pour remonter jusqu’au Cap Blanc Nez. Mais en sortant de la ville, pris d’une inspiration, on change nos plans : et si nous retournions à Calais par la campagne ? Nous voilà donc pédalant sur une petite route peu fréquentée, entourés de champs de lin en pleine moisson. Toujours intéressé par ce qui est technique, Gérard discute avec un agriculteur qui lui explique les différentes étapes de la récolte du lin : la plante est d’abord coupée, puis laissée au sol, en bandes de tiges, pour séchage prolongé – le rouissage. Suivant les variétés de lin, ce seront soit les graines, soit les fibres qui seront ramassées – ici, c’est principalement la filasse qui est exploitée.

A Hervelinghen, nous tombons par hasard sur une expo temporaire très intéressante qui nous entraine dans les pas d’un soldat en Indochine. Damien Aigouy, un collectionneur passionné – et passionnant ! – met un jour la main sur un carnet signé de l’aspirant Jacques Edouard Louis Nolet, dans lequel ce dernier consigne son quotidien et sa vision de la guerre. Un document exceptionnel qui va permettre au collectionneur de remonter le fil de l’histoire de ce soldat, et de la partager en exposant de nombreux documents d’époque. Merci Damien pour ce bel exposé !

Allez, encore une trentaine de kilomètres à parcourir – via Saint-Inglevert, Guines puis la voie verte jusqu’à Coulogne – pour finir sur la plage de Calais où nous avons enfin le plaisir d’admirer le dragon sous toutes ses coutures ! (voir vidéo sur notre page Facebook)

A 17h30, nous sommes de retour au camping, enchantés de cette belle balade de 52km, réalisée la plupart du temps sous un beau soleil !


Dimanche 1er août

Ce matin, en jetant un œil au thermomètre qui affiche un petit 17°C, difficile de croire que nous sommes le premier jour du mois d’août ! En plus, contrairement à hier, le ciel est franchement plombé… Comme on n’a pas envie de rester inactif – et qu’il ne pleut pas encore ! – nous partons à pied jusqu’à Sangatte, par la plage. Une petite promenade de 9km aller-retour, dans un environnement très agréable…


Lundi 2 août

Journée de repos, la météo ayant annoncé de la pluie, ce qui s’est finalement avéré être faux ! Mais après ces 5 derniers jours très actifs, on méritait bien une petite pause, non ?

Demain, nous quitterons Calais, et après seulement vingt-cinq petits kilomètres, nous parviendrons à notre nouvelle étape : Gravelines !


  • INFOS PRATIQUES
  • Camping le Grand Gravelot, très bien situé à 200m de la plage et à 2km du centre-ville, 10mn à vélo, 30mn à pied ou bus gratuit. Accueil très sympa et compétent. Beaux emplacements délimités. Sanitaires propres. Wifi vers la réception (pas testé). 20.50€ le nuit avec électricité et taxes, en haute saison. Également une aire de service jouxtant le camping.
  • Office de Tourisme de Calais, accueil souriant et compétent, le petit guide touristique de la ville est très bien fait, avec beaucoup d’infos sur le secteur. C’est ici que l’on achète le Pass Visit, 12€ permettant l’entrée gratuite au Beffroi (10h-12h & 13h30-17h30), au musée Mémoire 39-45 (10h-18h), au musée des Beaux-Arts (13h-18h sauf lundi) et à la Cité de la Dentelle et de la Mode (10h-18h sauf mardi, démonstrations semaine à 11h30, 15h et 16h & dimanche à 10h30, 11h30, 12h15, 14h, 15h, 16h et 17h). Horaires valables en été, se renseigner pour les autres périodes.
  • Balade Calais : prévoir 2 jours complets avec la visite des musées, suivre les itinéraires conseillés dans le guide de l’OT (quartier Saint Pierre, Théâtre, Hôtel de ville et beffroi, centre-ville, Minck, front de mer et plage, Dragon).
  • A noter : tous les transports en commun de Calais sont gratuits, possibilité – en saison – d’aller jusqu’au Cap Blanc Nez. Belle initiative !
  • Restaurants : on conseille l’Authentique (très bonnes moules / frites, accueil souriant, prix doux, bien situé) et le restaurant de la Cité de la Dentelle (accueil souriant et bons plats).
  • Boucle à vélo Calais / Sangatte / Cap Blanc Nez / Wissant / Hervelinghen / Saint-Inglevert / Guines / voie verte jusqu’à Coulogne, 52km, 330m+
  • Balade à pied le long de la plage, de Blériot à Sangatte, 9km AR, autres possibilités, se renseigner à l’OT pour obtenir la carte des randos.

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