A Santa Ana, une ancienne ville coloniale du Salvador

Mardi 29 janvier

A 4h30, on est debout et une heure plus tard, notre shuttle touristique pour Santa Ana au Salvador prend la route. Bien sûr, comme pour notre voyage depuis Livingston au Guatemala, on aurait pu emprunter les transports locaux… Mais passer deux frontières à pied (Honduras / Guatemala et Guatemala / Salvador) et changer au minimum cinq fois de véhicule aurait pris un temps fou : pour une fois, on a donc préféré le confort d’un transport direct

Après cinq heures de trajet, on arrive à Santa Ana. Autre avantage de ce shuttle : on est déposés directement devant l’auberge de jeunesse, ce qui n’est pas un luxe car ici, les transports locaux semblent assez difficiles à comprendre. De plus, je pense que l’on aurait tourné en rond un moment, car aucune indication nette ou panneau extérieur ne permet de trouver l’hôtel !

On dépose nos bagages : la chambre présente un confort très sommaire, ça change de Copan ! De nouveau, tout est de bric et de broc, un peu comme à Livingston. Mais l’accueil est très sympathique et on se sent immédiatement à l’aise dans cette maison familiale.

Vers midi, on part faire un tour de ville. Premier constat : on est surpris par le nombre important de gardes armés ! Il y en a encore plus qu’au Guatemala, pays qui à ce niveau nous avait fait une grosse impression. Second constat : la monnaie locale est… le dollar américain. Surprenant ! Troisième constat : la population semble ici bien plus démunie que dans les précédents pays traversés, et les anciennes maisons coloniales qui bordent les ruelles sont souvent en piteux état. Quatrième constat : la ville est toute petite, et en une demi-heure, on en a fait le tour ! Que va-t-on faire ici jusqu’à vendredi matin ? La plupart des visiteurs fait l’excursion au volcan Santa Ana ; à vrai dire, on aurait apprécié cette belle balade en montagne. Mais quand on a appris qu’elle se déroule exclusivement en groupe, avec un départ à 11h du matin – en pleine chaleur ! – et obligatoirement encadrée – au sens strict du terme ! – par un policier armé et un guide, on laisse tomber l’idée d’y aller. On n’envisage pas trop les sorties natures de cette façon, même si c’est pour notre sécurité. Du coup, on file à l’Office de Tourisme – bien gardé lui aussi ! – et on récupère un maximum d’infos afin de s’occuper pendant deux jours.

Vers 13h30, la faim se faisant sentir, on s’installe dans ce qui semble être le café / restaurant le plus chic de la ville, le Simmer Down. La déco est sympa et originale, la pizza excellente, et les jus de fruits frais tout simplement succulents ! La note est légère, 15US$ pour deux…

Vers 15h, on rentre à l’auberge ; on est un peu fatigués par notre courte nuit, et un peu de repos est amplement mérité… En fin d’après-midi, Gérard repart faire un tour – et acheter quelques pâtisseries – pendant que je lis.

Mercredi 30 janvier

La forme est revenue quand on se lève vers 7h30… Vu le peu de choses à voir, on ne se presse pas pour prendre le petit-déjeuner. Au Salvador aussi, la purée de haricots noirs est un met incontournable à tout début de journée. Soit. On l’avale avec le sourire !

Le centre-ville historique et colonial est tout proche, et comme hier, on l’atteint en quelques minutes. On passe un moment dans le Parque Libertad, véritable cœur de la cité, où de nombreuses petites échoppes – street food, vendeurs de glaces et de babioles en tous genres… – attirent une foule de locaux. C’est aussi ici que se croisent à angle droit les deux « artères » principale de la ville, la Calle Libertad et la Calle Constitucion. Aujourd’hui, on va arpenter la première…

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Santa Ana – Parque Libertad
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Santa Ana – Parque Libertad et cathédrale de Nuestra Senora de Santa Ana

Mais avant de quitter les abords du Parque Libertad, on visite la cathédrale de Nuestra Senora de Santa Ana, construite en 1913 sur l’emplacement d’une église datant de 1576 et détruite par la foudre au XIXe siècle. Sa façade extérieure toute blanche et bien gothique tranche avec les habituelles églises centraméricaines. L’intérieur est très sobre…

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Santa Ana – Cathédrale de Nuestra Senora de Santa Ana

Tout proche, le beau théâtreinauguré en 1910 et superbement restauré il y a quelques années – mérite que l’on paye les 1.50$ de droits d’entrée. La salle de spectacle à l’ancienne – avec fauteuils en bois et portes d’époque – est vraiment très belle.

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Santa Ana – Théâtre
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Santa Ana – Théâtre

Du balcon du premier étage, on a une vue plongeante sur la Mairie, édifiée en 1874 dans un style classique colonial, la cathédrale et le Parque Libertad.

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Santa Ana – Du Théâtre, vue sur la mairie et le Parque Libertad
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Santa Ana – Du Théâtre, vue sur la cathédrale

Au rez-de-chaussée, une petite expo de tableaux réalisés par des Salvadoriens conclut cette agréable – et relativement courte ! – visite.

Après avoir traversé le patio intérieur de la mairie – malheureusement assez délabré – on file vers l’ouest de la Calle Libertad. Mieux vaut ne pas s’attendre à une large avenue : il s’agit simplement d’une petite rue à sens unique, bordée de trottoirs défoncés et larges de moins d’un mètre. On avance donc à la file indienne, en regardant où on pose les pieds ! Cinq cents mètres plus loin, on parvient à son extrémité, où se dresse la jolie église El Calvario.

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Santa Ana – Eglise El Calvario
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Santa Ana – Devant l’Eglise El Calvario, une vendeuse chasse les mouches devant les poissons qui attendent un acheteur !

On retourne ensuite sur nos pas, en louvoyant dans les petites rues animées. Les étals de marché s’y succèdent… On est aussi interloqués par les boutiques que l’on croise : toutes sont équipées de grilles qui ne s’ouvrent que sur demande. Parfois même, on choisit les produits désirés, et ils sont livrés par un minuscule guichet. Pas très pratique pour faire du lèche-vitrine !

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Santa Ana
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Santa Ana – Magasin avec grille : pas facile pour faire ses courses ! Heureusement, il existe deux supermarchés « classiques » vers le Parque Libertad : mais attention, l’entrée est si discrète qu’on a failli la louper !

Rapidement, on est de retour devant le Parque Libertad ! Eh hop, on en refait le tour…

Dans une rue transversale, on déniche un agréable restaurant, installé dans une belle cour intérieure. Le menu à 5$ pour deux nous convient parfaitement : viande grillée, riz, salade et tortillas.

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Santa Ana – Restaurant Tela Picas – Là encore, l’entrée est très discrète…

On retourne à l’auberge en début d’après-midi ; la chaleur est assez intense et il faut garder quelques découvertes pour demain !

Vers 17h, on retourne boire un jus de fruit au Simmer Down. Tous les magasins et échoppes semblent sur le point de fermer, c’est assez surprenant… Du coup, on est de retour « chez nous » sitôt le jus avalé !

Jeudi 31 janvier

Après s’être régalés de la même purée de haricots noirs que la veille – oui, c’est la même que tous les autres matins, et ce, depuis fin novembre ! – on part vers le Parque Libertad. Aujourd’hui, on arpente la Calle Constitucion. On commence par partir vers le nord, en direction de l’église San Lorenzo. Mais là, on fait chou blanc : l’église est intégrée à une école dont les grilles sont fermées. Pas de visite possible ! On rebrousse chemin, et en quelques minutes, on parvient à l’extrémité sud de la rue, fermée par l’église Nuestra Senora del Carmen. Ici, on peut pénétrer à l’intérieur…

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Santa Ana – Eglise Nuestra Senora del Carmen

On part ensuite à la recherche du Musée Regionale de Occidente. Pourtant situé sur la Calle Constitution, personne ne semble savoir où il se trouve et on nous balade d’une ruelle à l’autre… On finit par le dénicher : il était en fait à trois pas du Parque Libertad, installé dans le bâtiment d’une ancienne banque. Là, on visite deux expo temporaires intéressantes : la première est dédiée au poète salvadorien Roberto Armijo, et la seconde présente des tableaux sur le thème des migrants réalisés par des artistes américains (centre et sud). Poignant.

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Santa Ana – Musée Regionale de Occidente – Expo temporaire sur les migrants
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Santa Ana – Musée Regionale de Occidente – Expo temporaire sur les migrants
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Santa Ana – Musée Regionale de Occidente – Expo temporaire sur les migrants

Quand on sort, on s’aperçoit qu’il est à peine 10h45… Et il ne nous reste plus rien à découvrir ! On s’installe alors un bon moment dans le Parque Libertad. Devant la mairie, l’attraction du jour est l’exposition de quatre nouveaux camions-bennes à ordure. On est franchement surpris par la couleur choisie pour ces véhicules : un beau blanc éclatant ! Difficile de savoir combien de temps ces camions conserveront cette teinte immaculée…

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Santa Ana – Les nouveaux camions-bennes trônent fièrement devant la mairie !

Vers 11h30, on retourne dans notre petit resto de la veille. On commande le même menu, auquel on ajoute une crêpe au chocolat fourrée aux fruits en dessert.

On passe le reste de l’après-midi à l’auberge, j’en profite pour préparer l’article du blog. En début de soirée – enfin vers 17h30 – on retourne boire un cocktail et manger une pizza chez Simmer Down. Comme hier, nombreux sont les magasins fermés et les rues désertes. Seul le Parque Libertad est un peu animé où quelques restos de rue sont encore ouverts…

Demain, on quitte sans trop de regret cette petite ville un peu trop calme à notre goût. Direction El Tunco sur la côte pacifique, avec un enchainement de deux ou trois bus en perspective…

INFOS PRATIQUES

  • Shuttle Copan (Honduras) / Santa Ana (Salvador), durée environ 5h, route via le Guatemala (donc deux passages de frontière à prévoir), départ 3 fois par semaine quand il y a un minimum de 6 passagers inscrits (dont le mardi) à 5h30, 40US$. On a bénéficié d’un tarif négocié à 25US$ par le patron de notre auberge de Santa Ana. Pour obtenir les billets, se renseigner à l’accueil des hôtels et auberge de jeunesse. Il est possible d’utiliser les transports locaux, toujours en passante par le Guatemala, c’est plus long mais moins cher (voir le lien vers le parcours détaillé dans l’article Honduras, le bilan.
  • Tous les tarifs sont donnés en US dollars, la monnaie officielle du Salvador.
  • Santa Ana, visite de la ville, cathédrale, églises, théâtre (8h-12h & 13h-16h, 1.50$), Musée Regionale de Occidente (expo temporaires, 3$). Une grosse demi-journée suffit pour avoir un bel aperçu de la ville.
  • Attention, monuments, églises et musées semblent observer une pause entre 12h et 13h.
  • Restos sympas : Tele Picas et Simmer Down, prix très corrects.
  • Hébergement : Casa Vieja Guest House, 9a Avenida Sur Nº10. Accueil chaleureux, ambiance familiale. Auberge de jeunesse, chambre basique avec salle de bain privée. Grandes cours intérieures avec canapés et tables, cuisine commune, petit-déjeuner inclus. Eau purifiée à disposition. Wifi. Environ 16.50€ la nuit, résa via Booking.com. 

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