Comme prévu, notre camping-car est désormais hiverné dans la Beauce, et c’est avec juste une valise à roulettes et un petit sac à dos que, jeudi 15 octobre, nous entreprenons ce voyage vers l’Amérique du Sud, avec une première longue étape à… Marseille ! Sitôt débarqués à la gare Saint Charles, nous nous rendons à pied dans notre logement, idéalement situé aux confins de trois lieux emblématiques : la Canebière, le Vieux Port et la rue Paradis. Nous nous installons rapidement puis repartons faire un premier tour dans ce quartier très animé : d’emblée, nous tombons sous le charme de la Cité Phocéenne… Et une fois n’est pas coutume, cet article décrira de manière chronologique (et non thématique) nos découvertes marseillaises…
- Location d’un studio Airbnb « la maison bleue de Massilia », petit mais confortable et très bien équipé, proche de tous les commerces. Accueil très sympathique du propriétaire. A 20mn à pied de la gare Saint Charles, plutôt en descente ; accès en métro possible (ligne 1, arrêt Vieux Port).
- Office de Tourisme de Marseille, situé en bas de la Canebière (juste à côté de la Bourse), tous les jours 9h-18h ; pour ceux qui veulent visiter les plus belles attractions au meilleur prix, on conseille le Citypass Marseille (36€ les 24h, 47€ les 48h ou 55€ les 72h, inclus les transports en commun, le MUCEM, le musée Regard de Provence, le petit train, le château d’If et la traversée en bateau et plein d’autres visites possibles)
- Transports en communs : métro, tram ou bus, ils permettent d’arpenter la ville en tous sens ; on conseille la carte 10 transports (15.10€, valable pour 1 personne, pas de partage possible, achat dans les distributeurs). Pour aller plus loin, à Cassis ou Aubagne,le plus simple est le bus au départ du métro Castelane, achat du billet dans le transport (voir Google map pour situer l’arrêt, pas fléché et pas du tout intuitif !).



Du Palais Longchamps aux ruines du port antique…
Vendredi 16 octobre – Pour cette première journée de visite, nous mettons le cap sur un site que nous ne connaissons pas : le Palais Longchamps. Grâce au métro, nous y sommes en quelques minutes, et nous commençons par nous balader dans le parc joliment paysagé – de 1856 à 1987, il abrita même un zoo dont subsistent encore quelques bâtiments, dont le pavillon de la Girafe. Nous descendons ensuite jusqu’au Château d’Eau, destination première du Palais Longchamp. En effet, au XIXe siècle, la ville se développe rapidement et le problème de l’alimentation en eau potable se pose, d’autant que deux épidémies de choléra avaient fait de nombreux morts en 1834 et 1835. Après que soit construit le canal de Marseille pour dériver les eaux de la Durance, trente ans s’écoulèrent avant qu’une structure ne soit édifiée pour la distribution. Plusieurs architectes et artistes, dont le sculpteur Auguste Bartholdi, planchent alors sur le projet… en vain. Finalement, c’est Henri-Jacques Espérandieu, jeune architecte, qui remporte la commande et suivant un cahier des charges précis – édifice situé à 73m d’altitude, doté de cascades abondantes, de jardins et de deux musées – la Palais est inauguré le 15 août 1889. Le bâtiment est somptueux, surmonté d’un Arc de triomphe monumental, et flanqué de colonnades et d’une fontaine de 10m de haut…
- Palais & parc Longchamps, 7h-19h (21h en été), entrée libre ; accès métro M1 Cinq Avenues Longchamp ou à pied, 40mn, 2.5km en légère montée











Nous enchainons avec la visite du Musée des Beaux-Arts qui présente une collection de peintures, sculptures et dessins du XVIe au XIXe siècle ; pas vraiment notre période préférée mais nous remarquons tout de même deux grandes toiles de Pierre Puvis de Chavannes qui ornent les escaliers – Marseille, colonie grecque et Marseille, porte de l’Orient.
- Musée des Beaux-Arts de Marseille, 9h-18h, fermé le lundi, entrée libre : situé dans une des ailes du Palais Longchamps






Pour descendre vers le centre-ville, nous empruntons le boulevard Longchamps, situé dans un quartier résidentiel longé par le tram. Six cents mètres plus loin, nous arrivons devant l’église Saint-Vincent de Paul, plus connue sous le nom d’église des Réformés.



Nous poursuivons sur La Canebière jusqu’au marché de Noailles, parfois appelé marché des Capucins du nom de la rue sur laquelle il se trouve – une rue très longue qui débute non loin de la gare Saint Charles. Ici les étals sont colorés et les prix doux, et les épices et herbes côtoient une profusion de fruits et légumes… Les ruelles qui entourent le marché sont tout autant attirantes avec de multiples boutiques d’épices, de savons, de paniers et de street-food nord-africaine, le tout dans une ambiance cosmopolite chaleureuse. Et installée depuis 1827, il ne faut pas manquer la Maison Empereur, la plus ancienne quincaillerie de France : assurément, on y trouve de tout !
- Marché, 8h-19h, fermé le dimanche
- Rues adjacentes au marché, très nombreux commerces, idéal pour un déjeuner sur le pouce. On conseille le restaurant Femina, excellent couscous, voir photos et descriptif plus bas.
- Maison Empereur, 10h-19h, fermé le dimanche








Après une crêpe algérienne fourrée aux épinards et aux légumes, suivie d’une glace artisanale, nous terminons cette première belle journée de visite par le Port antique et le Musée d’histoire de la Ville de Marseille – un des plus grands musées d’histoire urbaine d’Europe, retraçant 2600 ans d’histoire de la plus ancienne ville de France, de sa fondation grecque en 600 avant JC jusqu’à nos jours.
- Musée d’histoire de la Ville de Marseille, 9h-18h, fermé le lundi, entrée libre ; exposition temporaire très intéressante « Marseille vue par les Detaille – 164 ans de photos »
- Port antique, 9h30-18h, fermé le lundi, entrée libre


















De la Bonne Mère au quartier du Panier…
Samedi 17 octobre – Pour cette seconde visite de lieux emblématiques de Marseille, nous sommes accompagnés d’Ilsa, la fille de Gérard venue nous retrouver le temps d’un week-end. Comme nous souhaitons éviter les foules de visiteurs – et accessoirement éviter les trop grosses chaleurs – nous partons tôt, vers 8h. Après avoir longé le Vieux Port endormi, nous prenons rapidement de la hauteur, et au terme d’une petite demi-heure de montée, un peu transpirant, nous parvenons à notre but, la Basilique Notre-Dame de la Garde, affectueusement surnommée La Bonne Mère par les Marseillais. Et dire que jusqu’en 1967, un antique funiculaire datant de 1892 reliait le bas de la ville au sommet ; malheureusement, il fut détruit pour manque de rentabilité après avoir tout de même transporté près de 20 millions de passagers…
- Du Vieux Port à la Basilique Notre-Dame de la Garde, à pied, prévoir 30mn (1.6km, 160mD+ jusqu’au parvis sommital) ; possibilité de monter avec le bus 60 (à peine moins long mais plus reposant !)


Edifiée sur un piton calcaire dans un style romano-byzantin, la Bonne Mère est consacrée en 1864, remplaçant alors une chapelle du même nom bâtie en 1214 et reconstruite au XVe siècle. L’édifice se divise en deux parties : une église basse creusée dans le roc, surmontée d’une église haute décorée de mosaïques. Au sommet d’un clocher haut de 41m et d’un piédestal de 12m se dresse une monumentale statue de la Vierge à l’Enfant de 11m réalisée en cuivre doré à la feuille. Eh oui, c’est la fameuse statue que l’on aperçoit de presque tous les quartiers de Marseille ! La visite est émouvante car l’intérieur de l’église haute, outre ses splendides mosaïques – composées de 12 millions de tesselles provenant de Venise – est également dotée d’une collection unique de près de 2500 ex-voto offerts en remerciement d’un vœu exaucé ou d’une protection obtenue. D’un point de vue historique, la basilique joua un rôle essentiel dans la bataille de la Libération (24 & 25 août 1944) quand le 7e Régiment de Tirailleurs Algériens, guidé par des résistants locaux, lança un assaut décisif pour reprendre la position alors tenue par les Allemands – on voit encore des impacts de balle sur l’une des façades.
- Basilique Notre-Dame de la Garde, tous les jours 7h-18h, entrée libre









Une fois ressortis du sanctuaire, nous profitons de la vue exceptionnelle à 360° qu’offre ce magnifique belvédère…





Toujours à pied, nous quittons la Bonne Mère et rejoignons le quartier Saint Victor dominé par l’abbaye du même nom, un des hauts lieux du catholicisme dans le sud de la France depuis 1500 ans, et dont l’austérité tranche avec la très ornée Notre-Dame de la Garde – le bâtiment que nous visitons, de style gothique-roman, date du XIIIe siècle.
- Abbaye Saint Victor, tous le jours 9h-19h, entrée libre ; crypte 3€

Nous poursuivons la descente et arrivons rapidement vers le port ; après une courte halte dans le jardin Missak Manouchian, nous parvenons au Palais du Pharo qui offre une vue imprenable sur la rive opposée. Palais dont la construction fut ordonnée par l’empereur Napoléon III pour l’impératrice Eugénie dans la seconde moitié du XIXe siècle, et qui appartient aujourd’hui à la ville de Marseille – c’est désormais un lieu d’accueil pour des congrès et diverses manifestations.
- Palais du Pharo, ne se visite pas, accès aux extérieurs via le Parc Émile Duclaux, tous les jours 7h-19h, entrée libre






Il est temps de changer de rive, et pour cela rien de mieux que d’emprunter le Ferry Boat, une des plus courtes traversées maritimes au monde – 283m pour une durée de voyage d’environ 4mn ! Entre 1902 et 1944, outre le fameux Ferry Boat en service depuis 1880, les Marseillais pouvaient également traverser le port grâce à un pont transbordeur, énorme édifice métallique détruit par l’armée allemande lors de la Bataille de Marseille.
- Ferry Boat, tous les jours 7h30-20h20, rotations toutes les 10mn / 20mn selon l’affluence, 0.50€



Pas fatigués, mais avec tout de même quelques kilomètres au compteur, nous poursuivons la balade dans le quartier du Panier. Nous voici maintenant dans la plus ancienne partie de Marseille, une colonie grecque fondée par les Phocéens venus de Turquie en 600 ans avant JC et alors appelée Massalia. Depuis, c’est ici que la ville s’est développée, cernée par des remparts du VIe siècle avant JC jusqu’au XVIIe siècle. Longtemps considéré comme insalubre et propice aux trafics en tous genres, ce quartier – qui tirerait son nom d’une auberge du Moyen Âge appelée Le Logis du Panier – est aujourd’hui agréable à visiter, avec ses ruelles étroites et escarpées, son street art et ses nombreuses plantes vertes installées devant les maisons. On se balade donc un peu au hasard de notre inspiration, passant de l’Hôtel-Dieu – transformé en hôtel de luxe – à l’église Notre-Dame-des-Accoules – rasée pendant la Révolution à l’exception du clocher, alternant entre des murs recouverts de fresques récentes aux bâtiments anciens du Centre de la Vieille Charité – ancien hospice qui accueille maintenant deux musées municipaux.
- Centre de la Vieille Charité, 9h-18h, fermé le lundi, accès libre aux deux musées municipaux











Nous redescendons ensuite vers la cathédrale Notre-Dame-de-la-Major – eh oui, on monte et on descend beaucoup à Marseille ! – construite construite en style néo-byzantin entre 1852 et 1893. On ne s’attarde pas, il y a trop de monde pour apprécier sereinement les lieux, on remarque surtout le sol recouvert de magnifiques mosaïques vénitiennes et de différentes incrustations en marbre. Après un déjeuner tardif dans un bon restaurant Italien – Pizzeria Mongelli – nous regagnons le Vieux Port en traversant l’esplanade du Mucem et de la grotte Cosquer, et en empruntant la promenade Louis Brauquier qui fait le tour du Fort Saint Jean, longeant la mer au plus près. Ainsi s’achève cette première journée de visite, riche en découverte et en surprises, qui conforte notre impression initiale : Marseille nous plait beaucoup !
- MUCEM, 10h-19h, fermé le mardi, 11€ ; visité en janvier 2014
- Cosquer Méditerranée, 9h30-19h30, 19€ ; visité en avril 2025



Nous remontons alors le Vieux Port pour rentrer chez nous, place du Général-de-Gaulle quand nous sommes bloqués par des barricades et un cordon de CRS – c’est la manifestation des lycéens et des gilets jaunes dont le cortège officiel remonte la Cannebière. Nous prenons donc des chemins détournés pour tenter de passer les barrages, l’avenue étant infranchissable… Et là, nous assistons à trois évènements parallèles qui se déroulent à quelques mètres les uns des autres :
- Tout d’abord, une manifestation pacifique et autorisée, défilant sur la Canebière dans la joie et la bonne humeur et brandissant des pancartes affichant leurs revendications ; et malgré cette ambiance conviviale et dénuée de toute agressivité, un usage massif de gaz lacrymo est fait par des CRS a priori débordés par cette atmosphère bon enfant…
- A quelques mètres de là et au même moment – rue Paradis et rues adjacentes, Place du Général-de-Gaulle – des pilleurs sans aucune revendication politique saccagent méthodiquement des dizaines de boutiques pour s’emparer d’un butin a priori facile à revendre… Ceci sans que l’on ne voie le moindre CRS… Aucune force de l’ordre n’intervient, ne serait-ce que pour les faire déguerpir… A l’un d’eux que Gérard interroge sur le pourquoi d’un tel pillage, la réponse polie est : « mais Monsieur, c’est le business ! » Le « shopping » dure ainsi jusqu’à 22h – petite précision, à cette heure, plus aucun manifestant n’est présent sur la Canebière…
- Enfin, ça et là jusque tard dans la nuit, des ultras se mobilisent sur des actions politiques autres que celles du saccage des magasins – invasion de la mairie avec dégradations importantes, incendie du poste de la police municipale, course poursuite avec les CRS et tirs de mortier vers 2h du matin…
Côtoyant des pilleurs, nous repérons également des policiers en civil, tenues noires réglementaires et cagoules proprettes, les mains vides. Qu’en penser ? Ces évènements dramatiques ne peuvent que nous attrister car nous savons que les revendications des manifestants seront rapidement occultées par ces pillages…














En fin de journée, nous ressortons pour aller diner ; comme tout est fermé dans notre secteur, nous allons Place aux Huiles où là, ô surprise, personne ne semble remarquer que le centre-ville vient de subir une agression majeure ! Alors que nous ne sommes qu’à six minutes à pied de notre logement, les restaurants sont tous ouverts et l’ambiance est détendue… Au retour, vers 21h30, nous croisons sur la place nos premiers CRS de la journée, au petit trot, poursuivant… du vent ! Finalement, c’est aux environs de deux heures du matin qu’ils entrent en action avec un peu plus d’entrain, certains casseurs les provoquant. S’en suit alors un échange de tirs de mortier et de gaz lacrymogènes – gaz que l’on prend en plein nez car il parvient à s’infiltrer sous nos fenêtres !
Dimanche 18 octobre – Petite journée tranquille sous un ciel gris. Dans la matinée, nous faisons un tour du quartier et ne pouvons que constater l’ampleur des dégâts et de la casse… Pas de photo, le cœur n’y est pas ! Nous déjeunons à la Brasserie Davico qui, malgré une baie vitrée endommagée, assure le service – plat du jour très goûteux et accueil sympathique.
Balade le long de la mer, du Vieux Port aux plages du Prado
Lundi 19 octobre – Le ciel est toujours bien gris au réveil, et la tempête Adam est attendu pour la fin de matinée. Nous partons tout de même à pied, longeons le sud du Vieux Port et parvenons rapidement à la plage des Catalans où nous apercevons quelques nageurs courageux – il fait un peu frisquet à cause du vent. Un peu plus loin, nous attaquons la Corniche Kennedy, longue d’environ trois kilomètres dont le cheminement pour piétons et cyclistes est très agréable. Nous faisons une pause au Vallon d’Auffe, minuscule port de pêche traditionnel bordé de petites maisons colorées ; à quelques pas, sur une esplanade, se dresse le monument aux morts de l’Armée d’Orient et des terres lointaines, en hommage à ces hommes décédés durant la Première Guerre mondiale. Nous repartons, malgré un ciel bas, les vues sur les iles du Frioul et le château d’If sont somptueuses ! Pour l’anecdote, il faut savoir que l’itinéraire longe le banc le plus long du monde – pas loin de trois kilomètres ! Construit en 1957, une partie est depuis 2016 recouvertes de belles fresques en mosaïques, sur une initiative de l’artiste Paola Cervoni. Après deux petites heures de marche, nous arrivons à la plage du Prado, où presqu’aussitôt une pluie de plus en plus intense s’invite à la balade. Nous n’insistons pas, nous nous réfugions dans un resto de l’avenue du Prado, et sitôt le déjeuner avalé, nous sautons dans le bus 83 censé nous mener au centre-ville – mais finalement, sous des trombes d’eau, il nous dépose derrière le Pharo, le Vieux Port étant inondé. Pas grave, on reprend un autre bus qui nous dépose devant la Préfecture, il ne nous reste qu’à descendre la rue Paradis pour nous mettre au sec dans notre studio !
- Balade à pied du Vieux Port aux plages du Prado, environ 7km, plat ; retour par bus 83 (arrêt au Vieux Port)















Flotte et flop au musée Regards de Provence
Mardi 20 octobre – Il pleut toujours, mais nous décidons tout de même d’aller jusqu’au musée Regards de Provence que nous avions visité et beaucoup apprécié il y a quelques années. Vingt minutes de marche mouillée plus tard, nous y parvenons, quasiment à l’heure d’ouverture. Il n’y a pas foule, c’est agréable mais… nous ne retrouvons aucun des tableaux vus précédemment. Le tour est vite bouclé en 45mn et la déception est grande ! On interroge la personne de l’accueil qui nous explique que la collection personnelle du musée a été décrochée pour y installer celle du FRAOP – Fonds régional d’acquisition des œuvres provençales – jusqu’au 28 mars 2027. Vraiment pas de bol, car si quelques toiles accrochent tout de même notre regard, l’ensemble demeure assez sombre, loin des paysages provençaux très colorés de nos souvenirs… En ressortant, comme la pluie a cessé, on se balade un peu dans le Panier – en semaine, le quartier est vraiment très calme ! Puis on retourne vers Noailles déjeuner au restaurant Le Femina, une institution qui sert le meilleur couscous de Marseille depuis 1921 !
- Musée Regards de Provence, 10h-18h, fermé le lundi, 8.50€
- Restaurant Le Femina, rue du Musée, non loin de La Canebière ; très bon couscous avec différentes sortes de viande et deux graines possibles différentes (orge ou semoule), plats très copieux, beau cadre, réservation conseillée, compter 30€ par personne pour un plat et un verre de vin ou une bière. On recommande !













Rando dans les calanques et marché provençal : une belle journée ensoleillée à Cassis
Mercredi 21 octobre – Et c’est reparti, le soleil est annoncé alors on se lève tôt : objectif Cassis ! Nous enchainons métro et bus, et à 9h, nous arrivons en vue de ce petit port, véritable porte d’entrée du parc National des Calanques ! On ne traine pas, on s’attardera plus tard au port et au marché, notre objectif étant d’arriver avant la foule vers la calanque de Port Miou. Il nous faut une petite demi-heure pour rejoindre d’abord la presqu’ile, lieu de départ du sentier du Petit Prince par lequel je voulais que l’on commence, mais on ne trouve pas l’attaque ! Résultat, on file directement à la calanque de Port Miou d’où part le sentier pour la calanque de Port Pin. Le paysage est magnifique, la végétation bien verte et la mer d’un beau turquoise translucide ; dommage qu’il y ait tant de monde, ça gâche un peu le plaisir – mais étant en période de vacances scolaires, il est logique que nous ne soyons pas seuls ! Après 2h30 de marche plutôt facile – il y a juste quelques rochers très glissants dans la partie haute du chemin – nous sommes de retour à Cassis où nous pique-niquons non loin de la plage du Bestouan.
- Accès à Cassis depuis Marseille, métro M1 Vieux Port => Castelane + bus 78 Castelane (voir son emplacement exact sur Google Map) => Cassis Gendarmerie, départ toutes les heures à ’15, idem pour le retour, durée 45mn, 3.50€ (pas le même réseau que celui de Marseille, achat dans le bus avec la CB ou en cash)
- Rando presqu’ile & calanque de Port Miou => Port Pin, 12km, 170mD+ (depuis l’arrêt de bus) ; prévoir eau et bonnes chaussures












De retour à Cassis, nous nous baladons longuement sur le port où l’on peut encore voir de nombreux pointus, ces barques traditionnelles en bois, colorées et effilées à l’avant et à l’arrière. On assiste même à un retour de pêche ! Et comme c’est mercredi, on profite aussi du joli marché provençal installé sur la place Baragnon. Après dégustation d’une tropézienne aux framboises – plutôt goûteuse – nous reprenons notre enchaînement de transports et sommes de retour à Marseille dans l’après-midi.


















Superbe rando sur les îles du Frioul
Jeudi 22 octobre – Comme la météo est toujours belle, nous enchaînons avec une nouvelle sortie nature. Habitués aux départs matinaux, c’est à 7h40 que nous embarquons sur le bateau qui nous mène aux îles du Frioul – avantage, cette fois, nous sommes à trois minutes à pied de l’embarcadère ! Une demi-heure plus tard, nous posons le pied sur l’ile Ratonneau – aujourd’hui encore, personne ne sait si ce nom est lié à la présence de rongeurs, d’autres étymologies pourraient exister, ainsi chez les Celtes, le mot rate signifie muraille… Quoi qu’il en soit, de tous temps, la position stratégique de cette ile a intéressé les hommes, et dès l’époque romaine, elle sert de mouillage aux navires de César qui assiègent Massalia. Plus tard, elle sert de rempart militaire – Henri IV y ordonne la construction d’un fort – et de bouclier sanitaire contre les grandes épidémies – ainsi l’Hôpital Caroline est ouvert en 1828 pour traiter les équipages venant de l’étranger, suspectés d’être porteurs de maladies. Et pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands y installent de grosses batteries d’artillerie et minent le site. Avec un tel passif, normal que les Marseillais n’aient jamais vraiment voulu s’installer sur l’ile, et il faut attendre les années 80 pour que les lieux attirent locaux et touristes… Aujourd’hui, c’est un quartier de Marseille où résident 150 habitants permanents à l’année. A pied, nous faisons l’aller-retour jusqu’à l’Hôpital Caroline – fermé à la visite – les vues, tant sur le fort que sur le château d’If sont superbes ! Nous renonçons à grimper au fort qui semble également fermé et enchainons avec la balade sur l’ile Pomègues, relié à la précédente par la digue Berry, construite en 1822. Là, on évolue dans un paysage découpé très sauvage – d’ailleurs cette ile est inhabitée – en suivant un chemin qui nous mène jusqu’à la batterie de Cavaux qui abrite les vestiges d’un immense complexe militaire fortifié par l’armée française puis allemande. La balade est de toute beauté, et l’été, il doit être agréable de descendre dans les calanques pour s’y baigner… Vers midi et demi, après un pique-nique avalé en bout de digue, nous sommes de retour à l’embarcadère, enchantés par cette magnifique rando accessible à tous !
- Accès aux iles du Frioul par le beateau, départs réguliers du Vieux Port => Port Frioul, durée du voyage entre 30mn et 40mn (à partir de 10h, le bateau décharge les visiteurs qui le souhaitent au château d’If), 17.70€ AR
- Rando Iles du Frioul (Ratonneau + Pomègues), 11km, 210mD+, 4h
- Nous n’avons pas visité le château d’If (nous y étions déjà allés lors d’un précédent voyage) car le site n’est desservi qu’à l’aller du bateau, et nous ne voulions pas commencer la rando trop tard.
- Sur les iles du Frioul, on trouve quelques restaurants et une épicerie, tous situés vers l’embarcadère
































Un petit tour à Aubagne, sur les pas de Marcel Pagnol
Vendredi 23 octobre – Toujours matinaux, nous enchainons métro jusqu’à Castelane puis bus 100 pour Aubagne où nous arrivons à… 8h10 ! Eh oui, je n’avais pas prévu que le voyage soit si court. Il pleuviote, le ciel est sombre et la lumière peu flatteuse, mais cela ne nous empêche pas de faire un tour dans le centre historique qui s’étire sur une petite colline. Nous passons donc devant la porte Gachiou, la Tour de l’Horloge, l’église Saint Sauveur, la Chapelle des Pénitents Blancs et la fontaine du Lion. A 9h tapante, nous sommes de retour dans le bas de la ville, devant la maison natale de Marcel Pagnol (1895-1974) située cours Barthélémy. C’est donc ici que le célèbre écrivain vit le jour, au troisième étage d’un immeuble bourgeois. Le musée est divisé en trois parties : un espace d’exposition avec photos de famille et nombreux documents, une salle de projection où l’on visionne un petit documentaire et une reconstitution de l’appartement des Pagnol. Nous enchainons avec le Petit Monde de Pagnol – il faut remonter au sommet de la vieille ville – autre lieu d’expo qui rend hommage à l’écrivain en présentant ses personnages les plus célèbres sous forme de santons de Provence. Une salle présente également le travail de Thérèse Neveu (1866-1946), reconnue comme la mère du santon moderne. Dernière découverte de la matinée : le Village des Santons de Provence qui met à l’honneur ce patrimoine exceptionnel – grâce à son argile locale, Aubagne est considéré comme la capitale du santon, et un grand nombre d’ateliers d’artisans santonniers et céramistes y sont installés.
- Accès à Aubagne depuis Marseille, Métro M1 Vieux Port => Castelane + bus 100 Castelane (avenue de Delphes, voir emplacement sur Google map) => Aubagne Pôle d’échange, départ toutes les 15mn, trajet environ 20mn, 5.50€ (pas le même réseau que celui de Marseille, achat dans le bus avec la CB ou en cash)
- Maison natale de Marcel Pagnol, 9h-12h30 & 14h-18h, 3€ / Pass 2 musées 5€
- Le Petit Monde de Marcel Pagnol, 9h-12h30 & 14h-18h, 3€ / inclus pass
- Village des Santons en Provence, 9h-12h30 & 14h-18h, entrée libre







































Il est 11h30 quand nous ressortons de cette dernière visite, enchantés par notre matinée. Que faire ? Il pleut, Gérard est un peu patraque – syndrome grippal en formation… Nous décidons alors de rentrer à Marseille et de passer chez Turfu pour acheter une bouillabaisse à emporter. Pas de bol, la boutique est fermée pour une semaine. On se rabat alors sur une pizza…
Samedi 24 octobre – Journée très tranquille pour cause de syndrome grippal ; de toute façon, tout le quartier vit au ralenti dans l’attente de la manifestation. Nous sortons tout de même faire un tour et montons jusqu’au cours Julien, totalement endormi. On redescend vers Noailles où on fait nos courses pour le déjeuner ; finalement, on n’ira pas à la manif qui part des Réformés pour aller à la Porte d’Aix, trop fatigués par la survenue inopinée de ce virus assez virulent…

Dimanche 25 octobre – Nous avions prévu une randonnée dans les calanques au départ des Goudes mais vu l’état des troupes, nous abandonnons l’idée et restons tranquillement au studio. Ce sera pour une prochaine fois ! Demain et mardi, nous serons encore à Marseille mais sans nouvelles visites au programme car nos amis Isa et Michel – une rencontre improbable dans un bus entre Buenos Aires et Puerto Madryn en 2017 – viennent nous voir. Nous retournerons très certainement au Palais Longchamps et à la Bonne Mère…
Une chose est sûre, Marseille – que nous connaissions un peu – nous a enchantés au-delà de nos espérances. Et il nous reste tant à découvrir que nous reviendrons ! En attendant, mercredi 28 octobre, nous entreprendrons le voyage jusqu’à Civitavecchia d’où, vendredi, nous embarquerons pour le Brésil. Autres latitudes, autres découvertes…