Quelques jours à Ravenne, capitale de la mosaïque byzantine…

Après un hiver plutôt sportif à Roses, en Catalogne, notre mois d’avril a lui aussi été bien actif ! Au programme : visite de Valencia avec ma fille, mariage de la fille de Gérard à Murcia puis suite des festivités familiales à Annecy. Le 1er mai, nous reprenons la route vers l’Italie, direction Ravenne et sa région…

Bien qu’ayant visé un jour férié pour rouler tranquillement et éviter les camions, nous n’échappons pas aux légendaires ralentissements de la région de Bologne, les Italiens semblant s’être tous donné le mot pour voyager le même jour que nous ! Vers 16h, un peu fourbus par cette circulation en accordéon, nous nous installons au camping Club del Sole Adriano situé en bord d’Adriatique. Une position stratégique qui nous permettra de profiter des richesses culturelles de Ravenne mais aussi de faire quelques balades à vélo le long du littoral…

  • Camping Club del Sole Adriano Family Collection, situé à Punta Marina Terme. Accès plage et centre-ville à quelques minutes à vélo. Accueil très sympathique malgré l’effervescence des départs et arrivées d’un week-end prolongé. Emplacement premium très spacieux, électricité 16A, eau. Sanitaires propres. Laverie, restaurant, épicerie. En saison, belle piscine. Accès facile au centre de Ravenne à vélo par piste cyclable (20km AR, plat) ou en bus (devant l’entrée du camping). 27€ la nuit, taxes incluses ; hors week-ends fériés, la carte ACSI est acceptée, tarif sensiblement similaire.

Ravenne, un patrimoine historique exceptionnel !

Fidèles à nos habitudes, c’est à vélo que prenons le chemin de Ravenne ; après trente minutes de pédalage tranquille sur piste cyclable, nous nous parquons devant la Basilica di Sant’Apollinare Nuovo. Là, nous achetons un pass pour visiter les deux principaux édifices religieux de la ville.

  • Ravenne Mosaïques : Pass 2 visites (Basilica di Sant’Apollinare Nuovo, Basilica di San Vitale), 10.50€ ; nous aurions préféré le pass 5 visites (Basilica di Sant’Apollinare Nuovo, Basilica di San Vitale, Mausoleo di Galla Placidia, Battistero Neoniano, Museo Arcivescovile e Cappella di S. Andrea), mais il n’y avait plus de créneau horaire disponible pour les trois derniers sites, dommage ! On recommande d’anticiper en réservant ses visites sur internet quelques jours auparavant, surtout au printemps, période où les voyages scolaires sont nombreux. Ouverture des deux basiliques tous les jours, 9h-19h (du printemps à l’automne), 10h-17h (en hiver).
Ravenne – Basilica di Sant’Apollinare Nuovo

Ravenne – Basilica di Sant’Apollinare Nuovo

Pour la petite histoire, il faut savoir que la ville fut habitée dès la période romaine – César y prenait ses quartiers d’hiver, et c’est d’ici qu’il partit avec son armée pour franchir le Rubicon, le fleuve séparant l’Italie romaine de la Gaule Cisalpine. A partir de 493 Ravenne devint la capitale du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait alors l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien, Ravenne passa aux mains des byzantins. Edifiée entre 493 et 526, la Basilica di Sant’Apollinare Nuovo est désormais inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco et célèbre pour ses splendides mosaïques polychromes. L’une d’entre elles représente le palais de Théodoric dont les colonnes sont ornées de rideaux blancs et dorés. Une autre dévoile le port de Classe – ancien port de Ravenne, aujourd’hui ensablé à l’intérieur des terres – qui était à l’époque le plus important de l’Adriatique. Enfin, on est impressionnés par les deux longues processions des saints martyrs et vierges, des mosaïques réalisées plus tardivement, lors la domination byzantine de Constantinople.

Ravenne – Basilica di Sant’Apollinare Nuovo

Ravenne – Basilica di Sant’Apollinare Nuovo ; mosaïques byzantines, procession des saintes

Ravenne – Basilica di Sant’Apollinare Nuovo ; palais de Théodoric


Ravenne – Basilica di Sant’Apollinare Nuovo ; mosaïques byzantines, procession des saints ; ci-dessous à gauche, le port de Classe


Ravenne – Basilica di Sant’Apollinare Nuovo ; mosaïques byzantines, les rois mages

Ravenne – Basilica di Sant’Apollinare Nuovo

Après presqu’une heure passée à admirer chaque détail de la basilique, nous nous dirigeons à pied vers le second édifice majeur de la ville : la Basilica di San Vitale, dont la construction commence en 526 et s’achève en 547, combinant ainsi des détails architecturaux relatifs aux époques romaines et byzantines. Également inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, cette église est d’une importance majeure car elle est la seule à subsister de cette période – le règne de Justinien au VIe siècle – et à n’avoir pratiquement subi aucune transformation jusqu’à nos jours.

Ravenne – Basilica di San Vitale

Ravenne – Mausoleo di Galle Placidia (que nous n’avons pas pu visiter, faute de place), à côté de la Basilica di San Vitale

Ravenne – Basilica di San Vitale

Ici encore, les mosaïques nous subjuguent avec leur fond d’or très caractéristique de la période byzantine. Sur certaines, on observe des scènes de l’Ancien Testament, tandis que d’autres nous plongent au cœur du VIe siècle, avec les représentations de Justinien et sa femme Théodora. Une autre partie de l’édifice est recouvert de peintures réalisées plus tardivement. Et le sol est lui aussi pavé de mosaïques datant de différentes époques.

Ravenne – Basilica di San Vitale

Ravenne – Basilica di San Vitale ; mosaïques byzantines, Théodora, femme de l’empereur Justinien, et sa cour


Ravenne – Basilica di San Vitale ; dôme peint

Ravenne – Basilica di San Vitale ; dôme recouvert de mosaïques


Ravenne – Basilica di San Vitale


Nous poursuivons ensuite notre balade dans le centre historique de Ravenne, agréable mais avec beaucoup de lavori in corso – autrement dit « travaux en cours », l’expression favorite du BTP italien ! Avant de déjeuner dans un petit resto de la via Giuseppe Mazzini, nous jetons un œil au Battistero Neoniano : faute de créneau horaire disponible, nous n’en voyons que l’extérieur, tout comme la Cappella Arcivescovile di Sant’Andrea, deux bâtiments pourtant remarquables par leurs belles mosaïques. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois… ou pas !

Ravenne – Vue sur l’arrière du Baptistère et à gauche, le Duomo

Ravenne – Sculpture originale, vue dans le jardin du Baptistère

A vélo jusqu’à Marina di Ravenna, par le chemin côtier…

Notre camping étant en bord de mer, nous en profitons pour explorer les environs. Nous commençons par une première balade vers le nord, jusqu’à Marina di Ravenna. Le cheminement, accessible aux vélos – c’est suffisamment rare pour le noter – est vraiment agréable car il traverse dunes et forêts de pins. Arrivés à Marina di Ravenna, on est surpris par l’immense jetée longue de 2.5km – le Molo Zaccagnini – le long duquel se succèdent pêcheurs amateurs et carrelets professionnels. Pour un peu, on se croirait en Charente ! Sur le port, on déjeune d’une piadina particulièrement savoureuse – spécialité de Romagne composée d’une galette de froment fourrée d’ingrédients variés, selon l’inspiration du cuisinier. Le retour au camping se fait par le même chemin, après un ultime arrêt dans une gelateria !

  • Balade à vélo de Punta Marina Terme à Marina di Ravenna, 22km AR, plat. Beau chemin côtier. Possibilité de pousser plus au nord, vers Marina Romea, en empruntant le bac. On conseille la Piada al Porto pour le déjeuner (spécialités de piadine).
Balade à vélo de Punta Marina Terme à Marina di Ravenna – Sur certaines portions de l’itinéraire, il faut mettre pied à terre !


Balade à vélo de Punta Marina Terme à Marina di Ravenna – L’impressionnant Molo Zaccagnini !

Balade à vélo de Punta Marina Terme à Marina di Ravenna – Carrelet


Balade à vélo de Punta Marina Terme à Marina di Ravenna

Balade à vélo de Punta Marina Terme à Marina di Ravenna – Traffic actif dans le canal Baiona, entre Marine di Ravenna et Porto Corsini

A vélo jusqu’à Lido di Classe par la Pineta…  un itinéraire pas si facile !

Comme la veille, nous sommes sur les vélos dès 9h… Cette fois, nous visons le sud, et plus particulièrement Lido di Classe, une petite station balnéaire où j’allais de temps en temps il y a une quarantaine d’années – petit détail temporel qui ne nous rajeunit pas ! Le hic, c’est qu’aucun itinéraire donné par Google map ne semble vraiment accessible ; l’office de tourisme étant fermé, c’est un peu au hasard que nous nous dirigeons d’abord vers Lido Adriano puis vers Lido di Dante – jusque-là, rien de bien compliqué puisqu’il y a une route. Les choses se corsent ensuite quand il s’agit de traverser toute une partie de marécages… Aucun fléchage ne guidant notre route, nous suivons des cyclistes, sans vraiment savoir vers où ils se dirigent ! Après avoir pinaillé un moment en pédalant un peu en rond sur un sentier très étroit, nous retrouvons une belle piste de terre qui nous emmène dans la Pineta di Classe. Et là, on trouve enfin quelques panneaux ! On suit donc un itinéraire bien bucolique aux paysages variés – forêt de pins, champs, canaux d’irrigation bordés de carrelets… On aperçoit même au loin quelques flamants roses !

Balade à vélo jusqu’à Lido di Classe – Itinéraire emprunté au hasard qui passe parfois par de petits chemins !

Balade à vélo jusqu’à Lido di Classe – Beau passage dans une allée d’arbres au sol un peu cahotant !


Balade à vélo jusqu’à Lido di Classe


Balade à vélo jusqu’à Lido di Classe

Balade à vélo jusqu’à Lido di Classe

Vers midi, nous arrivons enfin à Lido di Classe que je reconnais en partie, la mer étant toujours située au même endroit !  Nous nous attablons à l’Osteria « Sa Fet ‘A Que ?! » où nous dégustons une bonne pizza, arrosée d’un frizante bien frais. Reste maintenant à rentrer… On souhaite éviter l’itinéraire emprunté à l’aller car nous avons été bien secoués. On tente donc un retour par la route, en imaginant qu’une piste cyclable la double. Mauvaise idée puisque rien n’est prévu pour les vélos ! Néanmoins, et toujours par hasard, on arrive entiers devant la magnifique Basilica di Sant’Apollinare in Classe dont la visite nous fait instantanément oublier les affres de la route ! Datant du VIe siècle et originellement située dans l’ancien port de Ravenne désormais ensablé, elle fait partie des plus belles églises primitives à plan basilical aussi bien conservée. La mosaïque byzantine de l’abside est exceptionnelle – le vert est rarement représenté dans les tableaux liturgiques, ici la couleur symbolise le pré dans lequel se tient saint Apollinaire entouré de douze agneaux.

Balade à vélo jusqu’à Lido di Classe – Basilica di Sant’Apollinare in Classe

Balade à vélo jusqu’à Lido di Classe – Basilica di Sant’Apollinare in Classe

Balade à vélo jusqu’à Lido di Classe – Basilica di Sant’Apollinare in Classe

Balade à vélo jusqu’à Lido di Classe – Basilica di Sant’Apollinare in Classe


Après cette pause culturelle bienvenue, nous nous penchons sérieusement sur la carte et nous trouvons un itinéraire tranquille pour rejoindre le bord de mer distant tout de même de près de dix kilomètres – on peine à imaginer qu’autrefois, la basilique était bordée par l’Adriatique !

  • Balade à vélo de Punta Marina Terme à Lido di Classe, 60km, plat mais chemins parfois peu roulants. VTC indispensable pour la portion entre le Lido di Dante et la Pineta di Classe. Beaux paysages. On déconseille le retour par la route ! De la Pineta, nombreux fléchages pour la Basilique.
  • Osteria « Sa Fet ‘A Que ?! » à Lido di Classe, accueil chaleureux et plats savoureux à prix doux !
  • Basilica di Sant’Apollinare in Classe, 8h30-19h30 (en cette saison), 6€ ; une visite à ne pas louper !

Notre séjour dans la région de Ravenne s’achève par deux jours de météo pluvieuse et venteuse, une excellente occasion pour s’offrir un peu de repos ! Prochaine étape : Chioggia, aussi surnommée la petite Venise…

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