La Chapada Diamantina, le joyau vert de Bahia !

Samedi 10 décembre

Une fois de plus, le réveil sonne très tôt puisque c’est à 6h15 que nous quittons l’auberge en taxi pour la gare routière principale de Salvador. Notre bus pour Lençois – au cœur du Parc national de la Chapada Diamantina – est ponctuel, et à 8h tapantes, nous laissons derrière nous la capitale du Bahia… Si les fauteuils sont confortables, en revanche les amortisseurs du véhicules doivent être bien fatigués car nous passons presque l’intégralité du voyage à tressauter – à moins que les routes brésiliennes ne soient truffées de nids de poules ! Après une pause déjeuner – Gérard s’en sort très bien en commandant au pif une sorte de pain fourré d’ingrédients non identifiés qui se révèle plutôt gouteux – nous arrivons à Lençois à 15h. Je pensais qu’étant en montagne, il ferait plus frais mais c’est finalement sous une belle chaleur que nous tirons nos sacs à roulettes sur des pavés inégaux jusqu’à l’Albergue de Lençois Backpackers. Réservée un peu par hasard sur Booking, cette auberge tenue par deux Français – Thomas et Éric – est très agréable, l’accueil y est fort sympathique, la chambre – avec salle de bain privée – est confortable, on peut y réserver treks et excursions, et en plus, nous sommes à deux pas du centre du village. Parfait !

Parc national de la Chapada Diamantina – Lençois – Albergue de Lençois Backpackers

Nous posons nos affaires, puis nous repartons faire un premier tour des environs et immédiatement, nous avons le coup de cœur pour ces ruelles bordées de restaurants et de boutiques aux façades colorées !

Parc national de la Chapada Diamantina – Lençois
Parc national de la Chapada Diamantina – Lençois
Parc national de la Chapada Diamantina – Lençois – Comme souvent en montagne, l’orage n’est jamais loin !

De retour à l’auberge, nous discutons avec Thomas des différentes options proposées pour les excursions à venir. On s’en doute, nous ne sommes pas là pour buller toute la journée à l’auberge, et nous avons prévu plusieurs randonnées dans le parc national. Une fois les itinéraires choisis et le guide réservé, nous retournons diner sur la place principale où nous dégustons un très bon hamburger artisanal !

Et dans la soirée, nous nous plongeons dans les guides pour en savoir un peu plus sur le parc national… Créé en 1985 après décret fédéral et sur une recommandation du biologiste Roy Funch, il couvre une région de 1.520km2 et protège ainsi la grande variété d’écosystèmes présents dans la région. Le nom Diamantina fait référence à l’activité de recherche de diamants qui a eu lieu dans la région, au milieu du XIXe siècle.


Dimanche 11 décembre

Sitôt l’excellent petit-déjeuner avalé – omelette, cuscuz, crêpes, gâteaux, fruits et jus fraichement pressés – nous faisons connaissance avec Marcio qui sera notre guide et notre chauffeur pour les quatre prochains jours. Si la plupart des jeunes qui viennent dans la Chapada choisissent le trek de trois jours dans les vallées environnantes, nous préférons opter pour des sorties à la journée. Pour cette première balade, nous partons donc vers 8h15 avec la voiture de Marcio, et nous roulons cinquante kilomètres jusqu’à Palmeiras où nous faisons une pause pour acheter le pique-nique. Ensuite, fini le bitume, il reste encore vingt kilomètres de piste bien cahotante pour rejoindre Capão où se trouve le départ de la rando.

Parc national de la Chapada Diamantina – Sur la piste entre Palmeiras et Capão

Ce trajet aura pris près de deux heures trente, et ce n’est qu’à 10h45 que nous attaquons la marche, sous une chaleur étouffante !

Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça

Le sentier grimpe assez fort la première heure sur un terrain irrégulier – nous remontons le lit d’anciennes cascades – mais l’effort en vaut la peine quand, 300m plus haut, on découvre le superbe paysage montagneux qui nous entoure !

Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça

Nous évoluons ensuite tranquillement sur un vaste plateau pendant encore une bonne heure, le long du Barro Branco. Le chemin emprunté date de l’époque des chercheurs de diamants qui atteignaient ainsi différents sites de fouille. Au début du XXe siècle, des pierres ont été ajoutées pour faciliter l’accès du bétail qui montait dans ces pâturages pendant les périodes de sécheresse.

Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça

Tandis que Gérard débusque de multiples fleurs et plantes – souvent cachées par d’épais buissons – Marcio nous indique si elles possèdent ou non des propriétés médicinales. Intéressant !

Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça
Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça
Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça
Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça

Côté faune, nous observons de nombreux lézards, quelques oiseaux – très probablement des grives fauves Catharus fuscescens, merci Michel ! – et un superbe coléoptère de belle taille, le Phyllognathus Excavatus.

Bien transpirants, nous parvenons enfin à ce que certains considèrent comme le clou du spectacle : la Cachoeira da Fumaça – autrement dit la Cascade de la Fumée, considérée comme étant la deuxième plus haute cascade du monde, après le Salto Angel  au Vénézuela. De celle-ci, je ne percevrai que la fumigation de son eau, car pour la découvrir – nous sommes à son sommet – il faut oser se positionner très près du vide, sans rambarde aucune : comme il est hors de question que je pose mes orteils à dix centimètres d’une falaise haute de près de 400m, je laisse Gérard se dévouer pour immortaliser le spectacle dans son objectif !

Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça

Marcio nous fait ensuite passer par une petite variante – de gros blocs rocheux d’environ 1m20 à descendre, mes jambes sont trop courtes, bonjour la position ridicule ! – pour rejoindre une magnifique rivière aux eaux rouges et marron, une couleur semblable à la tourbe écossaise, obtenue grâce à la précipitation d’éléments organiques et de minéraux. Nous pique-niquons les pieds au frais, et passons un bon moment dans ce cadre enchanteur qui, à lui seul, justifie la balade…

Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça – Incroyable cette eau !
Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça – Marcio, notre super guide !
Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça

Il nous faut néanmoins penser au retour – une bonne heure sur le plateau, suivie de la rude descente jusqu’à Capão où nous arrivons vers 16h30, au terme d’une superbe rando de 12km, un poil sportive – aucune difficulté technique mais la chaleur est toutefois un facteur à ne pas négliger – pour environ cinq heures de marche.

Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça – La lumière est encore meilleure qu’à la montée !
Parc national de la Chapada Diamantina – Randonnée vers le sommet de la Cachoeira da Fumaça

Après une bonne eau de coco fraiche, nous remontons dans la voiture. Et hop, c’est parti pour plus de deux heures trente de piste et de route bringuebalantes où nous parvenons tout de même à fermer un œil ! Petite fatigue ?


Lundi 12 décembre

Après une bonne nuit réparatrice, nous sommes d’attaque pour une seconde journée de balade qui, d’après Thomas, s’annonce plus tranquille que la précédente. Après une grosse demi-heure de route et de piste en bon état, nous parvenons à Remanso, un ancien village d’esclaves appartenant à la communauté quilombola.

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de MarimbusRemanso

A quelques centaines de mètres du village débute l’excursion dans le mini-Pantanal de Marimbus où, depuis la rive de la rivière Santo Antônio, nous embarquons sur une pirogue. Changement d’ambiance, ici point de hautes montagnes, nous sommes plongés dans un environnement de marais aux eaux très calmes, presque stagnantes…

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus

Et c’est parti pour deux heures de navigation à travers une vaste plaine inondable, dotée d’un réseau de lacs interconnectés, tous alimentés par la rivière Santo Antônio.

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Petit autel flottant…
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus

Parfois, la pirogue doit se frayer un chemin à travers les plantes aquatiques, et on ne distingue même plus l’eau !

Il y a beaucoup d’oiseaux dans ce secteur du parc national de la Chapada Diamantina, mais les capturer dans l’objectif n’est pas toujours chose aisée, surtout quand on est en équilibre instable à bord de cette frêle embarcation !

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Rufescent tigre-héron, en français onoré rayé ; ci-dessous, Caracara huppé
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Milan des marais ; ci-dessous, en haut à gauche, Moucherolle à tête blanche ; autres animaux, jacana noir et tortue
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Jacana noir
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus

On retrouve ensuite la terre ferme, et, accompagné de notre piroguier, il ne nous faut que trente minutes de marche dans la forêt pour rejoindre un petit restaurant installé au milieu de nulle part, non loin de la rivière Roncador où nous retrouvons Marcio et sa fille Carro. On imagine qu’il a garé la voiture à proximité et que nous repartirons donc de cet endroit pour Lençois – en réalité, ça sera un peu plus compliqué que ça !

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Restaurant près du Rio Roncador

En attendant, comme il est un peu tôt pour déjeuner – midi à peine– nous grimpons sur les hauteurs de la cascade du Río Roncador où le guide et sa fille piquent une tête dans une des piscines naturelles. Je me contente de me tremper les mollets, pendant que Gérard scrute attentivement les belles roches roses du site.

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Montée à la cascade Roncador, cactus « boussole » qui indiquent l’est !
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Cascade Roncador
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Cascade Roncador
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Cascade Roncador, zoom sur la belle roche rose

Cette petite balade nous a mis en appétit, et nous apprécions à sa juste valeur les plats concoctés par le restaurant. Nous testons de nouvelles saveurs, comme la farine de manioc ou encore quelques légumes non identifiés mais gouteux !

A la fin du repas, Marcio nous annonce qu’il nous faut reprendre la pirogue pour rentrer car le chemin est très difficile à parcourir, avec des passages d’eau parfois jusqu’à la taille. Gérard étant du genre aventurier – et surtout, il a une grande crainte que je m’encroute – il parvient à convaincre Marcio de nous laisser l’accompagner. Et c’est là que les choses commencent à se corser…

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Retour à pied dans le marais… au début, c’est vraiment facile !

Après un début plutôt facile – deux passages de rivière au courant modéré – nous nous retrouvons à crapahuter pendant 1h30 dans une sorte de jungle où régulièrement le chemin nous fait traverser des marais à l’eau marron-rouge… Gloups !

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Retour à pied dans le marais… un peu stressant, ce « chemin » !

Bien sûr, on ne voit pas nos pieds, mais on imagine aisément les mille bestioles qui peuvent se cacher non loin ! En effet, le Marimbus abrite caïmans et serpents, sans compter les dizaines de moustiques qui s’en donnent à cœur joie devant tant de bonne chair fraiche, ainsi que les herbes coupantes – l’expérience me prouve qu’elles sont vraiment tranchantes ! Et comme l’a finement remarqué ma fille après lui avoir raconté la balade, nous aurions peut-être pu croiser des tiques et des sangsues – mais aucune idée s’il y en a dans la Chapada…Quant à ma mère, elle s’interrogeait sur la présence potentielle de piranhas, mais là, je pense qu’il n’y en a que sur l’Amazone !

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Retour à pied dans le marais… et pour couronner le tout, l’orage gronde !

Bref, c’est une expérience inédite, pas spécialement à refaire de sitôt mais pas si difficile que ça non plus. D’ailleurs, la fille de Marcio, âgée de 9 ans, ne faiblit pas dans cette épique randonnée – mais elle est souvent installée sur le dos de son père, notamment dans les passages d’eau !

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans le mini-Pantanal de Marimbus – Retour à pied dans le marais…Ouf, dernier passage très facile à négocier !

C’est donc avec une satisfaction certaine qu’après une ultime traversée de rivière, nous voyons apparaitre la voiture ! Pépère, ils avaient dit, cette balade ?


Mardi 13 décembre

Et hop, on enchaine avec une nouvelle sortie qui, cette fois, devrait être vraiment tranquille car elle suit l’itinéraire touristique classique – néanmoins, je me méfie ! A 8h, Marcio nous récupère à l’auberge, et nous partons pour une bonne heure de piste en direction de la Cascade do Mosquito, dont le nom remonte à l’époque où les petits diamants trouvés dans le sol étaient appelés moustiques par les mineurs. Une fois sur place, nous commençons par faire une halte à un belvédère d’où on bénéficie d’une vue panoramique sur cette belle cascade haute de 70m.  

Parc national de la Chapada Diamantina – Cascade do Mosquito

Plusieurs urubus à tête rouge nous survolent, c’est assez impressionnant !

Parc national de la Chapada Diamantina – Cascade do Mosquito – Urubu à tête rouge

Juste à côté, un moucherolle hirondelle, un moqueur des savanes et une sorte de perdrix prennent la pose pour le plus grand plaisir du photographe !

Parc national de la Chapada Diamantina – Cascade do Mosquito – Moucherolle hirondelle – Ci-dessous grive fauve Catharus fuscescens et colombe écaillée

Un peu plus loin, nous attaquons la balade qui descend au pied de la cascade.

Parc national de la Chapada Diamantina – Cascade do Mosquito

En chemin, nous croisons de nombreux lézards, et un magnifique phasme qui se confond à merveille avec une brindille…

Parc national de la Chapada Diamantina – Cascade do Mosquito
Parc national de la Chapada Diamantina – Cascade do Mosquito – Superbe phasme d’environ 15cm

Une fois en bas, nous  profitons des lieux encore déserts : le site est vraiment splendide et original !

Rapidement, nous sommes rafraichis et trempés par la souffle et la vaporisation de la chute d’eau !

Parc national de la Chapada Diamantina – Cascade do Mosquito
Parc national de la Chapada Diamantina – Cascade do Mosquito

Après un bon moment passé sur place, nous prenons le chemin du retour et croisons alors des dizaines de visiteurs tant le site est couru et facile d’accès… Un conseil : pour profiter des lieux en toute quiétude, mieux vaut arriver tôt !

Nous reprenons la piste et, à notre demande, Marcio fait un arrêt devant une petite ferme qui vend quelques objets artisanaux locaux ainsi qu’une sélection de produits fermiers – Gérard craque pour du miel !

Parc national de la Chapada Diamantina – Ferme sur la route de la Cascade do Mosquito

Et pour notre plus grand plaisir, la propriétaire des lieux nous fait visiter son superbe verger où poussent bananes, ananas, noix de cajou et autres maracujas…

Parc national de la Chapada Diamantina – Ferme sur la route de la Cascade do Mosquito

Un petit somme plus tard – la piste, ça me berce ! – nous arrivons dans un coin absolument enchanteur : la Vale das Piscinas, où un petit resto, joliment installé à flanc de colline s’étale jusqu’à la rivière.

Parc national de la Chapada Diamantina – Restaurant Vale das Piscinas

Entre les tables, des dizaines de ouistitis, pas plus gros qu’une main, se nourrissent de mangues tombées des arbres…

Parc national de la Chapada Diamantina – Restaurant Vale das Piscinas – Ouistiti
Parc national de la Chapada Diamantina – Restaurant Vale das Piscinas – Ouistiti

Après un bon déjeuner – viande grillée, manioc frit, riz et petites salades – rien de mieux qu’un petit bain dans la piscine naturelle toute proche pour se rafraichir !

Parc national de la Chapada Diamantina – Restaurant Vale das Piscinas

 Et pour parfaire notre digestion, Marcio nous entraine ensuite dans une belle balade à pied jusqu’au Poço do Diabo. Il se dit qu’autrefois, c’est du haut de cette chute d’eau qu’étaient jetés les esclaves qui avaient volé des pierres dans les mines afin d’acheter leur liberté…

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade vers le Poço do Diabo
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade vers le Poço do Diabo
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade vers le Poço do Diabo
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade vers le Poço do Diabo – Dernier lézard de la journée !

Après un dernier bain – on finit par y prendre goût – nous rebroussons chemin et rejoignons la voiture vers 16h. Alors que nous avions prévu de faire un dernier arrêt au Morro do Pai Inácio pour le coucher de soleil, la pluie s’invite. Nous préférons zapper la balade au sommet de cette montagne qui, selon la légende, doit son nom à Inácio, un ouvrier noir qui aurait eu une liaison avec la nièce d’un colonel. L’apprenant, ce dernier lui aurait alors proposer l’alternative suivante : se faire tirer dessus ou sauter du haut de la montagne. Inácio aurait alors choisi de se jeter dans le vide…

Ce soir, comme nous avons la flemme de retourner en ville pour diner au restaurant, Gérard va chercher des acarajés dans un stand voisin : on déguste ainsi pour la première fois cette spécialité bahianaise gouteuse et discrètement épicée, fourrée aux crevettes et garnie de plusieurs sauces aux ingrédients inconnus. Très bon mais aussi très riche d’un point de vue diététique !


Mercredi 14 décembre

Alors que nous avions bénéficié d’une météo très clémente jusqu’à présent, entre soleil et passages nuageux, les choses se gâtent un peu ce matin : comme il a beaucoup plu dans la nuit, une forte brume est encore accrochée aux montagnes et le taux d’humidité est élevé, mais cela ne nous empêche pas de partir avec Marcio pour une dernière rando dans les environs. D’un coup de voiture, nous montons sur les hauteurs du village pour rejoindre l’attaque du sentier. Nous marchons d’abord parallèlement au chemin qui va vers Ribeirão do Meio, suivant ainsi un ancien itinéraire d’orpailleur.

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans les environs de Lençois, dans la forêt et le long du rio Ribeirão – Indicateur de météo !
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans les environs de Lençois, dans la forêt et le long du rio Ribeirão – C’est dense, et les moustiques et autres insectes piquants sont au rendez-vous !
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans les environs de Lençois, dans la forêt et le long du rio Ribeirão – En prenant de l’altitude, le paysage se dégage un peu…

Nous prenons la direction de la cascade do Sossego, mais nous n’allons pas jusqu’à celle-ci car pour l’atteindre, il nous faudrait cheminer sur de gros blocs de pierre – une balade assez difficile, à faire de préférence par temps sec.

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans les environs de Lençois, dans la forêt et le long du rio Ribeirão
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans les environs de Lençois, dans la forêt et le long du rio Ribeirão – Ciel bouché par les nuages sur les montagnes…

Après une belle pause au bord du rio Ribeirão – ici encore, il y a des piscines naturelles pour se baigner – nous rebroussons chemin. Gérard scrute la nature, dans l’espoir d’y voir un serpent. En vain ! Néanmoins, on aperçoit un tyran quiquivi, un insecte aux belles couleurs orangées et de nombreuses termitières

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans les environs de Lençois, dans la forêt et le long du rio Ribeirão – Belle termitière !

Et plutôt que de terminer la rando par le même chemin que celui emprunté à l’aller, nous bifurquons vers le sentier qui rejoint Ribeirão do Meio. Nous avons la flemme de redescendre vers la rivière – la chaleur est presque suffocante sous cette épaisse végétation – et nous préférons faire un arrêt dans un petit café installé sur le chemin. Preuve que le sol du secteur regorge de cristaux, quelques quartz blancs et améthystes sont exposés sur le comptoir du bar, on nous montre même quelques minuscules diamants découverts non loin de là.

Notre dernière balade dans la Chapada Diamantina s’achève, cette région nous a vraiment enchantés par sa diversité de paysages, entre marais et hauts plateaux, rivières aux eaux rouges, cascades et forêts… Un vrai bonheur pour le randonneur !

Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans les environs de Lençois, dans la forêt et le long du rio Ribeirão
Parc national de la Chapada Diamantina – Balade dans les environs de Lençois, dans la forêt et le long du rio Ribeirão

Marcio nous dépose au centre de Lençois vers 13h, et nous déjeunons dans l’un des rares troquets ouverts – une crêpe jambon / fromage. Sur le chemin de retour à l’auberge, Gérard découvre un arbre qui abrite de nombreux colibris hirondelles ; il fait donc une pause prolongée pour tenter de les photographier – pas évident car ces minuscules oiseaux bougent tout le temps !

Après une après-midi de repos et de lecture, nous retournons en ville pour l’apéro et testons pour la première fois la Caïpirinha à la cachaça, LE cocktail emblématique du pays. Le verdict est sans appel : c’est fort mais excellent, je pense que nous sacrifierons de nouveau à sa dégustation !

Parc national de la Chapada Diamantina – Lençois, Caïpirinha à la cachaça… Excellent !
Parc national de la Chapada Diamantina – Lençois by night !
Parc national de la Chapada Diamantina – Lençois by night !

Jeudi 15 décembre

Pluie forte dès le réveil… On profite de cette journée perturbée d’un point de vue météorologique pour s’octroyer une journée de repos bien méritée ! Gérard lit pendant que je mets le blog à jour. A midi, on retourne au centre pour manger la même crêpe jambon / fromage qu’hier, un classique pas cher du tout et surtout pas trop gras ! Alors que l’on pensait de nouveau sortir pour aller prendre un apéro, des trombes d’eau s’abattent sur le village : la caïpirinha attendra des jours meilleurs, nous restons à l’auberge et nous nous contentons de quelques empanadas achetés dans un kiosque en bas de la rue – à cause de la pluie, même la vendeuse d’acarajés a plié boutique !

Parc national de la Chapada Diamantina – Lençois – Jojo, un crapaud de compétition d’environ 20cm,  ne craint pas la pluie !

Vendredi 16 décembre

Encore une journée tranquille… Je pense que nous déjeunerons de notre habituelle crêpe, et en début de soirée, nous retournerons en ville pour le diner. La nuit s’annonce courte et peu confortable : en effet, nous prenons le bus à 22h45, avec un arrêt prévu à Feira de Santana à 4h15. De là, un autre bus devrait nous récupérer à 5h30 pour nous emmener à Valença d’où nous embarquerons sur un petit bateau pour le Morro de Sao Paulo. Sur cette ile sans voiture, il ne nous restera qu’à trainer nos sacs en haut d’une colline où est installé notre futur hôtel ! Autre ambiance, autres paysages, autres activités… Mais une chose est sûre, nous ne sommes pas près d’oublier la fabuleuse Chapada Diamantina !


  • INFOS PRATIQUES
  • Arriver à Lençois depuis Salvador : 3 bus par jour (le matin, l’après-midi et en fin de soirée), 7h de route, 26€ en fauteuil classique (confortable) réservé via Busbud (pas besoin de numéro CPF)
  • Logement : Albergue de Lençois Backpackers, emplacement idéal à 5mn à pied du centre du village et de la gare routière. Accueil chaleureux, gestion française, auberge bien équipée et joliment décorée, cuisine collective, wifi. Excellent petit-déjeuner. Agence pour l’organisation de balades à la journée et de treks plus longs (très bons guides). Service de blanchisserie à 150m. Possibilité de garder la chambre au-delà du check-out pour 50% de son prix (une bonne solution quand on prend le bus de 22h45). Chambre double avec salle de bain et ventilo, environ 25€ la nuit, résa via Booking.com. Prévoir de payer en cash (sinon 10% en sus). Une auberge que l’on recommande à 100% !
  • A voir / A faire :
    • Lençois, joli village où il est agréable de trainer, nombreux petits restos et bars, minimarkets, il y a même un petit magasin de matériels et vêtements de montagne. Attention, l’ATM étant régulièrement hors service et la Banco do Brasil n’acceptant pas les cartes étrangères, mieux vaut arriver avec une petite réserve de cash !
    • Toutes nos sorties ont été organisées par l’agence de l’auberge : très bien, guide compétent (Marcio), tarifs très corrects, on recommande !
    • Randonnée à la Cachoeira do Fumaça, 12km, 350m+, 6h, pas de difficulté technique mais sentier pentu au départ et pas d’ombre, niveau modéré, R$250 + R$25 pour le pique-nique par personne. Longue journée car depuis Lençois, il faut compter entre 2h de route et 2h30 / 3h de piste (avec le guide).
    • Balade journée Marinbo, marais + balade en bateau 2h + cascade + trek 1h30 dans marécage, environ 6km, 150m+, facile sauf le trek car il ne faut pas avoir peur de marcher dans l’eau du marais, R$250 par personne. Prévoir le déjeuner au resto en sus.
    • Balade journée, cascade do Mosquitos + trek 1h30 vers Poço do Diablo, environ 8km, 250m+, facile, baignade, R$250. Prévoir le déjeuner au resto en sus.
    • Rando ½  journée en direction de la Cachoeira do Sossego (mais sans y aller), retour via Ribeirão do Meio, environ 8km, 250m+, facile, R$120 par personne.
    • Nombreuses autres randonnées à la journée (on n’a pas pu tout tester !), et treks de 3 jours / 2 nuits également.
  • Quitter Lençois pour le Morro de Sao Paulo : prendre le bus de 22h45 qui arrive à 4h15 à Feira de Santana (18.50€ par personne), puis reprendre à 5h30 un bus pour Valença, arrivée vers 10h (13€ par personne), résa via Busbud. Ensuite bateau de Valença pour le Morro.

2 réflexions au sujet de « La Chapada Diamantina, le joyau vert de Bahia ! »

  1. Salut amis brésiliens !
    Vous avez eu raison de faire des réserves sur le bateau, car ce début du Brésil est visiblement placé sous le signe du sport !
    Ca nous laisse sans voix…
    Sinon, des couleurs vraiment magnifiques, des oiseaux superbes mais attention Gérard ! Ne va pas épuiser Sophie dans toutes ces aventures sportives où elle repousse constamment ses limites…
    Profitez bien,
    La team Topette !

    Aimé par 1 personne

    1. Ah ça, pour repousser mes limites sportives, il n’hésite pas, mais bon, tant que j’arrive à suivre et que je ne pars pas en vrille au moindre marigot infesté de serpents à traverser, ça va ! (là, je plaisante un peu car je n’en menais pas large, les pieds dans le marais !). Sinon, beaux oiseaux effectivement dans la Chapada, et ici, au Morro également (mais beaucoup de moustiques lors des observations !!!). Profitez bien des derniers jours à Bacalar, bonnes baignades dans ces eaux aux 7 nuances de bleu ! La team bahianaise

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