Une semaine riche en découvertes dans le sud des Cornouailles, à Hayle, Saint Ives, Falmouth et au Mount Saint Michael !

Jeudi 21 avril

Comme vous pouvez vous en douter, c’est à regret que nous quittons le fabuleux site de Tintagel et du camping Trewethett Farm afin de poursuivre notre descente dans le sud des Cornouailles, tout en restant sur la côte nord. Nos étapes étant volontairement peu espacées entre elles, nous arrivons à Hayle moins de deux heures plus tard – pause courses comprise ! Nous nous installons pour une semaine au Beachside Holiday Park, un camping situé directement en bord de mer et de dunes. Si le cadre est moins saisissant que le précédent, il n’en est pas pour autant déplaisant, bien au contraire ! Sitôt le déjeuner avalé, nous partons faire un premier tour sur la plage de sable


Malgré la brume, on aperçoit Carbis Bay Beach d’un côté – mais on peine à distinguer le petit port de Saint Ives, plus lointain – et le phare de Godrevy de l’autre : un panorama qui nous enchante aussitôt !



Vendredi 22 avril

Beau soleil ce matin… Néanmoins, il ne faut pas trainer car la météo a prévu une détérioration de la situation dès le début d’après-midi. A 9h, nous partons donc à vélo en direction de Saint Ives qui, d’après Google map, ne serait qu’à 12km de Hayle… Déjà, en quittant le camping, on se plante ! Au lieu de descendre directement sur la ville en tournant à gauche, nous préférons partir à droite : on continue donc à monter un peu la colline, et après un passage sableux sur le sentier côtier, on se retrouve en surplomb de l’embouchure de la rivière Hayle. Finalement, cette petite erreur de parcours nous fait découvrir un très beau paysage tant sur la mer que sur la rive opposée ! 



Sans difficulté, on retrouve le centre de Hayle, une petite ville qui s’est particulièrement distinguée durant la révolution industrielle. Ainsi, c’est ici qu’au XIXe siècle fut développée la première machine de forage de roche à vapeur au monde.


Par chance, on repère le tout petit panneau qui indique la voie à suivre – c’est-à-dire la national cycle road n°3 – et on l’emprunte jusqu’à la bifurcation de Saint Erth. Eh oui, la rivière Hayle formant un large bassin alluvionnaire, il faut le contourner pour rejoindre Saint Ives. A partir de là, les choses se corsent un peu : il n’y a aucune signalétique – il se peut aussi que l’on ait raté le panneau ! – et, pour moi, il est hors de question de rouler sur la A3074, bien trop passante à mon goût ! Alors on improvise en suivant de toutes petites routes, et on finit par se retrouver devant l’église Saint Uny que l’on voyait depuis la berge opposée.


A hauteur de Carbis Bay, ne trouvant plus de passage « tranquille », on se résout à pédaler sur la route principale qui, finalement, n’est pas si terrible que ça ! Un peu avant d’arriver à Saint Ives, on tombe même sur un superbe belvédère qui offre une splendide vue sur le port




La descente se poursuit jusqu’au port où on arrive… presque deux heures trente après notre départ ! Pour le coup, on a vraiment pris notre temps, et un rapide regard au compteur nous indique que l’on a pédalé presque 20km. Google map se serait-il trompé ? Première impression : il y a un monde fou ! On se gare sur le quai, et on part à pied arpenter la ville, notamment la petite presqu’ile qui domine Saint Ives des deux côtés.




Après s’être baladé un moment dans les rues commerçantes – où malheureusement on avance un peu au touche-touche – et cherché sans succès un ATM qui ne prennent pas de commissions extravagantes, on finit par s’installer devant un excellent fisch and chips, le meilleur de notre voyage ! La météo ne s’étant pas trompée, le ciel se couvre rapidement et le vent se lève.


Il commence à faire frisquet, et on s’interroge : pédale-t-on par la même route qu’à l’aller – sachant qu’une belle côte nous attend – ou prend-on le train pour Saint Erth, histoire de raccourcir le trajet ? Nous n’hésitons pas plus de trois secondes et optons pour la seconde solution, nettement plus pratique ! Et cette fois, nous ne mettons qu’une petite heure pour rejoindre le camping…

Samedi 23 avril

Ciel gris, vent froid et pluie qui menace, voilà une journée de repos qui s’annonce ! J’en profite pour actualiser le blog et la page Facebook. Comme à son habitude, Gérard ne tient pas en place et part tout de même faire une balade à pied sur le sentier côtier qui passe à travers le camping.




Il marche jusqu’à la plage de Gwithian où les kite surfs et les surfeurs sont de sortie ! A cause des forts courants, il y a une patrouille de sauveteurs qui balise les portions de côtes où les activités en mer sont sécurisées, portions matérialisées par de petits drapeaux qui changent fréquemment de place en fonction de la marée.




Au retour, Gérard abandonne le sentier côtier et rentre par la plage. A marée basse, c’est agréable et il n’y a pas foule ! En chemin, il observe les nids d’hirondelles installés en haut des falaises : ainsi protégés des prédateurs, les oiseaux sont tranquilles pour nicher !




Dimanche 24 avril

Et hop, une nouvelle journée de repos, toujours pour cause de ciel pluvieux ! Et cette fois, même Gérard rechigne à explorer les environs, tant le vent est fort…

Lundi 25 avril

Après une matinée sous la grisaille, le soleil pointe de nouveau son nez vers 13h. On n’hésite pas, on saute sur les vélos et on pédale jusqu’au site de Godrevy. On se gare au premier parking, puis on part à pied sur le sentier côtier. Le paysage est splendide, et d’ici, on a vue plongeante sur la petite ile qui abrite le phare.




De loin, on repère les premiers cormorans : en effet, nous n’en avons pas vu depuis notre arrivée dans le pays ! En s’approchant plus près de la falaise, on en aperçoit aussi quelques-uns qui nichent à même le rocher…




Nous poursuivons le sentier, et en surplomb de Mutton Cove, énorme surprise : on découvre une colonie d’une trentaine de phoques qui se dorent sur la plage. Fantastique ! Bien entendu, on passe un long moment à les observer…








Au retour, nouvel arrêt face au phare pour regarder courlis cendrés et huitriers pie en plein vol et au sol !




Encore un gros coup de cœur pour ce site magnifique, situé à seulement 6km du camping !


Mardi 26 avril

Ce matin, le réveil sonne à 6h30, et une heure plus tard, nous partons à vélo en direction de Marazion. Mais pourquoi si tôt, me direz-vous ? Encore une histoire de météo – le soleil est prévu jusqu’à 13h – mais surtout une question de marée : eh oui, nous allons visiter le Mount Saint Michael qui peut s’atteindre à pied, mais uniquement praticable à marée basse ! Cette fois, le parcours à vélo s’effectue facilement, et nous avalons les 14km en moins d’une heure, en suivant quasiment tout le temps la route cyclable n°3.



Une fois garés, nous empruntons la chaussée submersible pour rejoindre l’ile…



Une légende cornique raconte qu’en 495 des pêcheurs auraient vu l’archange Michel sur un rocher de granit sortant de la mer. L’île devint ainsi un lieu de pèlerinage et un monastère celtique se serait développé sur le rocher du VIIIe au XIe siècle. Historiquement, l’ile semble avoir formé le pendant anglais du mont Saint-Michel français puisqu’elle est offerte aux Bénédictins du mont Saint-Michel au XIe siècle par le roi d’Angleterre Édouard le Confesseur afin que les moines y construisent une abbaye. Mais à la suite de son schisme avec la papauté, Henri VIII dissout les monastères et confisque leurs trésors ; le mont devient alors une forteresse qui assure la protection de la côte qu’il surplombe.


Nous patientons le temps que les gardiens ouvrent les portes à 9h15, puis nous filons directement au sommet de l’ile où se situe l’entrée du château, 60m au-dessus des flots. Comme nous le fait remarquer une employée, nous sommes les premiers visiteurs de la journée à en franchir le pas : pour ceux qui nous connaissent, cela ne les étonnera pas car ils savent que nous apprécions découvrir les sites seuls ou presque !



Désormais, ce château appartient aux barons Saint Levan, descendants du colonel John Saint Aubyn, commandant puis acquéreur de l’île en 1647. En 1954, Francis Saint Aubyn, le 3ème Lord Saint Levan, cède l’île au National Trust mais conserve pour 99 ans la jouissance du château. Aujourd’hui, la demeure est la maison familiale de James St Aubyn, 5e Lord St Levan, son épouse Mary et ses quatre enfants. La visite intérieure est très intéressante car on a réellement la sensation de pénétrer dans des lieux habités et non dans l’ambiance parfois austère d’un musée…






Au sommet du château se dresse une chapelle du XVe siècle dédiée à saint Michel.



Et depuis la terrasse supérieure du château, nous avons une vue plongeante – et très impressionnante – sur les jardins et tous les environs…




Après presque une heure de découverte, nous redescendons et nous nous dirigeons immédiatement vers ces beaux jardins : et hop, on remonte au gré des terrasses, toutes agrémentées de plantes parfois surprenantes, originaires des côtes méditerranéennes, du Mexique, des îles Canaries et d’Afrique du Sud. Cette végétation de rocaille subtropicale, plantée à partir de 1780, est vraiment superbe !





Là encore, on prend tout notre temps pour s’imprégner des lieux – on trouve même un banc sur lequel on pique-nique !





Reste ensuite à faire un dernier tour vers les maisons qui se trouvent à deux pas du port : elles sont encore habitées par des familles qui travaillent sur l’ile…



Vers midi et demi, c’est en bateau que nous quittons ce magnifique site car la mer a maintenant recouvert la chaussée… On a vraiment adoré cette visite originale et chargée d’histoire !



Nous reprenons nos vélos et après un petit tour dans Marazion, nous poursuivons la voie cyclable n°3 jusqu’à Penzance ; pour une fois, la piste cyclable est très agréable et longe la plage sur plus de 5km.



La petite ville ne possède rien de bien exceptionnel, mais pour nous, ce détour est surtout l’occasion de dénicher une banque avec un ATM « honnête » – autrement dit que ne nous ponctionne pas 50£ de commission pour un retrait de 300£, comme on l’a vu à Saint Ives. Finalement, la HSBC nous délivre les précieux billets en nous facturant « seulement » 10£ pour le service. Le retour à Hayle s’effectue en train en une dizaine de minutes : rapide, efficace et peu onéreuse, on aurait tort de se priver d’une telle aubaine !

Dans la soirée, histoire de conclure en beauté cette excellente journée, on assiste – depuis notre emplacement – à un magnifique coucher de soleil sur la mer et sur Saint Ives


Mercredi 27 avril

Malgré une météo un peu mitigée, on ne mollit pas, et dès 8h15, nous sommes sur les vélos. Cette fois, nous les parquons à la gare d’Hayle d’où nous prenons le train pour Falmouth – via Truro. L’objectif de la journée est la visite de cette petite cité dont le port est le plus important des Cornouailles.


Mais avant de nous balader en ville, nous montons d’abord au château de Pendennis qui fait partie des Device Forts, ces forteresses bâties à la demande d’Henry VIII afin de protéger les côtes, en l’occurrence ici, l’entrée de la rivière Fal. Le site est actuellement géré par English Heritage, un organisme public indépendant chargé de la gestion du patrimoine historique d’Angleterre.



Édifié en 1539 parallèlement à son jumeau, le château de St Mawes, situé sur la rive orientale, le château de Pendennis avait pour but de contrer les menaces françaises et espagnoles.


Pendant la Première révolution anglaise – également appelée Grande Rébellion – qui opposa les royalistes aux troupes républicaines d’Oliver Cromwell de 1642 à 1651, le château abrita une garnison royaliste qui résista à un siège de cinq mois : durant 155 jours, environ 1000 hommes, femmes et enfants s’y retranchèrent avant d’être contraints de se rendre à cause de la faim.




Le site arbore une allure militaire prononcée, avec son donjon circulaire et ses canons. Son emplacement stratégique lui valut également d’être une place forte de la défense britannique pendant les deux guerres mondiales, avant d’être démilitarisé en 1954.




Mais ce qui nous impressionne le plus, c’est la vue panoramique sur les environs, l’embouchure de la Fal et la mer



Après avoir parcouru l’intégralité du site et lu toutes les infos des panneaux explicatifs, nous déjeunons dans le café installé sur place. Au menu, de savoureux burritos végétariens suivis de gâteaux aux pommes et au chocolat. Ce n’est pas la première fois que nous optons pour ces petits restos gérés par English Heritage, et nous avons toujours été très satisfaits.

Repus, après un ultime tour à la boutique – qui par ailleurs propose une section de livres de seconde main intéressante – nous prenons la direction du centre-ville. On flâne un moment sur les quais et dans la rue principale particulièrement animée…




Puis vers 14h30, nous reprenons notre train pour Hayle, toujours via Truro. Encore une belle journée, et on se dit que l’on aurait encore pu rester quelques jours à Hayle sans nous ennuyer tant cette ville est bien placée pour sillonner les environs à pied, à vélo ou en transports !

Demain, nous quitterons la côte nord des Cornouailles pour rejoindre le petit port de Mevagissey, situé sur la côte sud. Au programme : des balades en bord de mer, et surtout la visite de The Lost Gardens Heligan, un parc luxuriant de 80 hectares où différentes ambiances végétales se côtoient…


  • INFOS PRATIQUES
  • Accès en Angleterre par Eurotunnel Le Shuttle au départ de Calais, et arrivée à Folkestone. Traversée rapide de 35mn, se présenter au terminal une heure avant l’embarquement pour effectuer les formalités de douane. Tous nos documents ayant été enregistrés avant le départ, l’accès au terminal est rapide et se fait grâce à la lecture de la plaque d’immatriculation (il suffit juste de confirmer sur une borne les infos). De même, les contrôles de personnes et de véhicule sont vite accomplis. Temps de traversée : 35mn. Tarif : 360€ l’AR, avec date et horaire définis. Plus on réserve à l’avance, et meilleur est le tarif ! On recommande Eurotunnel car le service fonctionne même en cas de tempête, et les navettes ferroviaires sont plus écolos que les ferrys.
  • Beachside Holiday Park, très bien situé en bord de mer, une foi passé le cordon dunaire. Le sentier côtier passe par le camping. Attention, il faut marcher ou pédaler 1.2km avant de rejoindre le « plat », le camping étant situé en hauteur. Supermarché à 1.5km, et centre ville & gare à 3km. Beaux emplacements sur l’herbe, sanitaires propres et accueil très sympa ! Wifi gratuit au niveau des parties communes (mais on arrivait à le capter depuis le cc) 4G correcte. Laverie. Restaurant (pas testé). Piscine et activités nautiques en saison. 17£ la nuit, électricité comprise avec la carte ACSI.
  • A voir / à faire au départ du camping & de Hayle :
    • Balade en bord de plage & sur le sentier côtier, environ 8km AR jusqu’à la plage de Gwithian.
    • Balade à pied à la pointe de Godrevy, observation des phoques et des cormorans. Un bel endroit pour pique-niquer, prévoir au moins 2h sur place. Accès à vélo, 12km AR, 150m+ jusqu’au parking de Godrevy.
    • Saint Ives, balade ville & presqu’ile, 3km. On a zappé deux musées intéressants (trop de monde) : la Tate Saint Ives et Barbara Hepworth Museum and Sculpture Garden. AS à vélo, 25km, 180m+ (inclus le retour depuis Saint Erth). Retour en partie par train, Saint Ives / Saint Erth, 3£. On déconseille d’aller juqu’à Saint Ives à vélo : mieux vaut les garer à Saint Erth puis prendre le train en AR (2 par heure, 20mn de trajet).
    • Mount Saint Michael, 9h30-17h (en avril), accès à pied à marée basse / en bateau à marée haute (+2.50£), on conseille le forfait complet château + jardins, 24£ (résa préalable obligatoire). Prévoir entre 3h et 4h sur place. Accès depuis Hayle à vélo + poursuite jusqu’à Penzance, 23km, 110m+ / retour en train Penzance / Hayle, 2 liaisons par heure, 15mn, 4.30£.
    • Falmouth & le Pendennis Castle, 10h-17h (en avril), 13.80£ / 12.40£, accès libre avec avec le English Heritage Pass, prévoir 2h sur place, bon café / restaurant pour le déjeuner et belle boutique ! Accès en train depuis Hayle (changement à Truro), 2 liaisons par heure, 1h de voyage, 8£ AR (off peak periode sinon plus cher ; bien acheter l’AR, deux fois moins cher que 2 billets simples ! Comme il n’y a pas de gare ni d’automate à Hayle, le billet s’achète auprès du contrôleur)). Pour le château, descendre à Falmouth Docks, le terminus de la ligne, puis à pied en montée pendant 20mn. Depuis la ville, la gare Falmouth Town se rejoint en 10/20mn à pied en montée depuis les quais et la rue principale.

5 réflexions au sujet de « Une semaine riche en découvertes dans le sud des Cornouailles, à Hayle, Saint Ives, Falmouth et au Mount Saint Michael ! »

  1. Hello dears,
    Les phoques sont toujours un plaisir à regarder ne rien faire. Dans notre prochaine vie, on ferait volontiers phoques (ou otaries, pour les oreilles!)
    Merci pour ces belles photos, on vous suit toujours avec grand plaisir (le cormoran est superbe).
    A bientôt,
    La Team Topette !

    Aimé par 1 personne

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