Au cœur du quartier historique, de la Tour de Londres au Tower Bridge

Mardi 8 mars

Après un lever bien matinal – 6h ! – nous faisons une infidélité au bus 3 pour emprunter le 363 : cette fois, pas de Lambeth Bridge à traverser une énième fois, mais une dépose à quelques mètres de la Tour de Londres. Comme nous sommes un peu en avance, nous en profitons pour faire un tour sur les quais d’où on bénéficie d’une superbe vue sur The Shard, l’un des plus hauts gratte-ciels d’Europe, et sur le Walkie-Talkie, un autre building moderne emblématique de la ville.



A 9h tapantes, nous sommes les premiers à pénétrer dans la forteresse la plus célèbre de la capitale. D’emblée nous sommes séduits par les lieux dont chaque pierre transpire le passé…



C’est pour renforcer les défenses de sa nouvelle capitale que Guillaume le Conquérant fit construire ici une première forteresse en bois en 1067, à laquelle succéda 11 ans plus tard, un bâtiment de pierre, la Tour Blanche. Dès 1100, tout en servant de résidence royale, le château fut aussi utilisé comme prison… Par la suite, la tour servit aussi d’armurerie, de trésorerie et même de ménagerie, puis elle accueillit la Royal Mint – endroit où on frappait la monnaie britannique – et les archives publiques



On commence par explorer la partie médiévale où une pièce d’époque est reconstituée. Puis on se fraie un chemin à travers d’étroits corridors pour gagner les remparts. D’ici, la vue sur la Tour Blanche est superbe !



On poursuit avec la visite de la Jewel House où, depuis plus de 300 ans, sont exposés les joyaux de la Couronne britannique. D’habitude, une longue file d’attente se forme, et il faut souvent patienter un long moment avant de pénétrer dans l’antre du trésor royal. Aujourd’hui, par chance, nous sommes seuls à découvrir la collection de 140 pièces serties de 23.578 pierres, où couronnes, globes et sceptres font partie des plus beaux au monde. Ces joyaux étant considérés comme sacrés, il est formellement interdit de les photographier. Les contrevenants encourant une peine de prison, on comprendra que l’on a préféré ne pas prendre le risque !


Quasiment sans transition, nous passons dans le quartier général des Fusilliers tout proche, édifié en 1845 dans un style néo-médiéval. Il abrite désormais un musée qui raconte l’histoire de ce régiment d’infanterie de la Reine, créé à la Tour de Londres en 1685.




Nous passons ensuite un long moment à découvrir les différents espaces extérieurs peuplés d’énormes corbeaux noirs. D’après la légende, Charles II aurait entendu une prophétie selon laquelle la Tour et le Royaume s’écrouleraient si les corbeaux venaient à partir. Ce roi a donc ordonné qu’ils restent sur les lieux à jamais… Et aujourd’hui encore, six corbeaux vivent dans l’enceinte de la Tour, leurs ailes étant légèrement raccourcies pour leur empêcher toute velléité de liberté !





Autre attrait phare de la Tour : les hallebardiers de la Garde royale qui protègent la Tour depuis le début du XVIe siècle. Surnommés familièrement Beefeaters – ou mangeurs de bœuf ! – ces hommes et femmes ont tous à leur actif au moins 22 ans de service militaire et doivent avoir reçu la médaille d’ancienneté de service et de bonne conduite. Au nombre de 37, ils assurent désormais les visites du site, et tous vivent avec leur famille dans l’enceinte de la Tour, dans un cadre vraiment idyllique !




Plus tragiquement, la Tour de Londres abrita également une prison de sinistre mémoire où la torture était fréquemment utilisée. Néanmoins, seuls dix personnes furent exécutées dans l’enceinte des murs de la Tour. Parmi elles, trois reines : Lady Jane Grey, Catherine Howard et Anne Boleyn, ces dernières étant toutes deux des épouses de Henri VIII. En 1861, alors qu’elle visitait la Tour, la reine Victoria fut émue par le destin réservée à Anne Boleyn, et elle demanda que soit installé devant la Tour Beauchamp un mémorial rendant hommage à la reine assassinée. Et s’il n’y eut que très peu d’exécution dans l’enceinte même de la Tour, c’est uniquement parce que d’ordinaire, elles se déroulaient à l’extérieur des remparts, en public…







Nous terminons cette passionnante visite par la découverte de la Tour Blanche, véritable donjon du site. Autrefois, le rez-de-chaussée abritait un cellier où étaient entreposés des vivres pour les éventuels sièges. Les trois autres étages étaient destinés au connétable – responsable de la forteresse – et aux officiers. Désormais, c’est un musée qui présente armures et pièces d’artilleries.  Seule la chapelle Saint George, édifiée à l’intérieur du bâtiment à la demande de Guillaume le Conquérant, témoigne encore des 900 ans durant lesquels elle a servi de lieu de prière aux rois, reines et membres de la communauté de la Tour.





Après plus de 2h30 de visite, il est temps pour nous de retrouver les bords de la Tamise pour y déjeuner d’un traditionnel – et excellent ! – fisch & chips


Puis nous enchainons avec la seconde attraction phare de la journée : le Tower Bridge, certainement le plus emblématique et le plus beau pont de Londres !




Après avoir examiné le bâtiments sous tous les angles, nous pénétrons dans la pile nord du pont. En quelques secondes, un ascenseur nous conduit au sommet où nous visionnons un montage photos rappelant les premières heures de Tower Bridge. Commencé en 1886, ce pont basculant totalement révolutionnaire pour l’époque – il s’ouvre, permettant ainsi le passage de gros navires – fut inauguré en 1894.



Nous traversons ensuite les passerelles couvertes. Autrefois accessibles uniquement par les escaliers, elles étaient en plein air, et jouissaient d’une horrible réputation de repaire de prostituées et de pickpockets. Elles furent d’ailleurs fermées au public dès 1910. De nos jours, l’ambiance y est plus détendue. Quoique… Une partie du sol est vitrée, ce qui donne au visiteur la très surprenante impression de marcher au-dessus-du vide ! Sensation et frissons garantis, mais magnifique vue assurée !



Nous redescendons ensuite à pied par la pile sud du pont. Là, on découvre la structure de l’édifice qui n’est pas sans rappeler les réalisations de Gustave Eiffel.



Il nous faut ensuite parcourir quelques dizaines de mètres sur le trottoir pour poursuivre la visite et découvrir la salle des machines. Ici, on comprend bien le système mécanique qui anime la bascule du pont en 60 secondes :  la vapeur d’eau produite à partir de la combustion du charbon, suivant le principe des machines à vapeur, permet de faire monter des énormes contre-poids. A leur descente, ceux-ci déclenchent l’ouverture d’une moitié du pont. Et bien sûr, on a le même dispositif sur la rive opposée. Depuis 1974, la machinerie est électro-hydraulique : les moteurs à bascule fonctionnent à l’électricité et c’est de l’huile qui transmet la puissance.  Aujourd’hui, le pont s’ouvre en moyenne 800 fois par an, les navires qui souhaitent passer doivent faire une demande écrite 24h auparavant, et le franchissement est toujours gratuit !




Encore une belle visite, bien instructive ! Nous poursuivons la balade en empruntant la Queen’s Walk : les vues sur la rive opposée, vers London Tower et sur Tower Bridge sont superbes, surtout sous le soleil !





Après un un crochet vers la Cathédrale de Southwark, l’édifice gothique le plus ancien de Londres, on ne peut s’empêcher de faire un tour dans Borough Market qui, depuis le XIIIe siècle, est l’un des marchés alimentaires les plus appréciés de la capitale. On conseille la boulangerie située à l’extérieure de la halle qui propose un pain et des brownies de qualité !



Après quelques centaines de mètres supplémentaires et la traversée du London Bridge, nous arrivons au pied du Walkie-Talkie, un building de 37 étages, achevé en 2014. Sa particularité : abriter un jardin paysagé, au sommet de la tour, le Sky Garden.  Y accéder est gratuit mais il faut absolument réserver un créneau horaire. J’avais prévu une montée à 15h30, mais le problème est que nous arrivons une heure trop tôt.  Vu la foule qui se presse à l’entrée, on comprend vite que l’on ne pourra pas se faufiler avant l’heure dite. Du coup, un peu à regret mais surtout parce qu’on est un peu fatigués et que l’on n’a donc aucune envie de patienter 60 minutes au pied de l’immeuble, nous abandonnons cette visite. Ce sera pour une prochaine fois !


Finalement, nous sommes de retour au camping vers 16h, une fois de plus enchantés de cette belle journée qui nous a plongés au cœur de l’histoire londonienne !  


  • INFOS PRATIQUES
  • Accès en Angleterre par Eurotunnel Le Shuttle au départ de Calais, et arrivée à Folkestone. Traversée rapide de 35mn, se présenter au terminal une heure avant l’embarquement pour effectuer les formalités de douane. Tous nos documents ayant été enregistrés avant le départ, l’accès au terminal est rapide et se fait grâce à la lecture de la plaque d’immatriculation (il suffit juste de confirmer sur une borne les infos). De même, les contrôles de personnes et de véhicule sont vite accomplis. Temps de traversée : 35mn. Tarif : 360€ l’AR, avec date et horaire définis. Plus on réserve à l’avance, et meilleur est le tarif ! On recommande Eurotunnel car le service fonctionne même en cas de tempête, et les navettes ferroviaires sont plus écolos que les ferrys.
  • Important : pour rouler dans la zone entourant Londres (la LEZ), et donc se rendre au camping, il faut ABSOLUMENT faire enregistrer son véhicule pour éviter une amende de 300£ par jour de circulation (il y a des caméras qui lisent les plaques d’immatriculation dès que l’on pénètre dans ladite zone). Enregistrement gratuit, à faire 2 semaine au moins avant le départ.
  • Crystal Palace Caravan Club Site, certainement le camping le plus proche de Londres, très bien situé à proximité de stations de bus ralliant en 45m le quartier de Westminster ! Accueil très sympa, larges emplacements stabilisés avec électricité. Sanitaires de grande qualité, bien chauffés. Wifi possible (payant). Laverie. Les tarifs changent en fonction des jours et de la saison, compter à cette période entre 26.50£ et 28.40£ la nuit pour 2 personnes, un cc et l’électricité. Au préalable, il faut absolument prendre un abonnement au Caravan and Motorhome Club, 66£ par an, pour éviter une surcharge de 13£ par nuit, et également bénéficier de nombreux discounts (Eurotunnel, ferrys, visites).
  • Transports à Londres : nous conseillons d’acheter une Oyster Card, , dans certaines échoppes (Post Office ou magasin non loin du camping, demander à la réception) et de la recharger selon ses besoins. Pour info, un ticket de bus coûte 1.65£ (changement de bus autorisé dans l’heure qui suit le départ), métro plus cher. Réseau de transports très dense, pour s’y retrouver regarder Google Map ou Citymapper (horaires en direct).
  • A voir / à faire à Londres (jour 5) :
    • Tower of London (Tour de Londres), 9h-17h30 (10h dimanche & lundi) en mars, 29.90£ / 24£ (senior) – Prévoir au moins 2h30 sur place. On conseille d’arriver à l’ouverture, nous sommes restés quasiment seuls pendant plus d’une heure : magique ! Réservation préalable conseillée. Une de nos visites préférées à Londres !
    • Tower Bridge, 9h30-18h, 10.60£ – Prévoir 1h / 1h30 sur place. Réservation préalable conseillée. Encore une très belle visite, originale de surcroît, à coupler avec la précédente pour un panorama complet du quartier.
    • Balade à pied Queen’s Walk, Southwark Cathedral, Borough Market, Walkie-Talkie, un total de 7km avec les tours et les détours (mais sans compter ceux effectués à la Tour de Londres !)

4 réflexions au sujet de « Au cœur du quartier historique, de la Tour de Londres au Tower Bridge »

  1. Vos visites donnent toujours envie… Mis à part le lever à 6h et le passage du sol vitré sur le pont !!!! 😱 Bonne continuation en espérant que le soleil est toujours de la partie !
    La team Topette beaucoup plus au sud !

    Aimé par 1 personne

    1. Eh hop, un petit lever à 6h, un de plus ! Depuis que l’on est à Londres, c’est notre quotidien (bon, je vais relativiser, c’est entre 6h et 7h selon les jours), mais franchement, ça ne nous dérange pas. Après, demain c’est repos, donc on va essayer de récupérer un peu ! Sinon, le sol vitré, je n’y suis pas restée deux heures, juste le temps de faire la photo avec un sourire décontracté (mais vous aviez vu le rictus d’horreur intérieur…). Profitez bien du sud, du soleil et du beau Portugal !

      J’aime

  2. Bonjour les amis
    Une fois de plus des informations très instructives et de superbes photos
    Ca donne envie de retourner à Londres…
    Bravo!!!
    Et bonnes ballades
    Bises
    Pierre et Martine

    Aimé par 1 personne

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