Que d’eau à Saint Omer et dans le marais audomarois!

Du dimanche 15 au jeudi 19 août

Après un dernier regard sur la mer du Nord, nous quittons ses rivages pour nous enfoncer à l’intérieur des terres. A une cinquantaine de kilomètres de Dunkerque, nous nous posons quelques jours à Arques, la ville voisine de Saint Omer. L’objectif principal est de découvrir le marais audomarois, une vaste zone humide façonnée par l’homme depuis le Moyen-Age, composée de champs et d’exploitations maraîchères entourés de canaux, de petites îles et de grands étangs. Malheureusement, la météo ne va pas être vraiment de notre côté et nous ne pourrons pas faire toutes les sorties prévues… Pour l’heure, sitôt installés au camping et le déjeuner avalé, nous profitons d’un beau rayon de soleil pour filer à vélo à Saint Omer. Depuis Arques, il nous suffit de suivre le chemin de halage qui longe le canal de Neufossé pour rejoindre le centre historique.

Nous effectuons un premier arrêt aux belles ruines de l’Abbaye Saint-Bertin. Fondée au VIIe siècle pour évangéliser la région, c’est l’une des premières abbayes bénédictines au nord de Paris, mais aussi l’une des plus puissantes. C’est aussi à Saint-Bertin qu’est enfermé, en 751, Childéric III, dernier roi des Francs de la dynastie mérovingienne, où il meurt en 755. Au fil des siècles, le bâtiment s’agrandit – les ruines actuelles datent des XIVe et XVe siècles – mais la Révolution de 1789 sonne le glas de cette abbaye aux dimensions imposantes – 122m de long, 40 de large au transept et 25 de hauteur sous voûte. La communauté religieuse est contrainte de fuir, et le site, laissé à l’abandon, est en partie détruit en 1830, sur ordre de la municipalité de l’époque qui souhaite récupérer les pierres pour construire le nouvel Hôtel de Ville…

Nous quittons ce cadre chargé d’histoire pour prendre la direction du cœur de la ville. Au passage, nous sommes impressionnés par le Collège privé Saint Bertin dont l’édifice en briques rouges n’est pas sans rappeler le prestigieux Collège d’Eton, en Angleterre.

Encore quelques coups de pédale sur des pavés qui font tressauter nos vélos, et nous parvenons à la Cathédrale. Édifiée entre les XIIIe et XVIe siècles, son architecture mêle des éléments de style gothique primitif, rayonnant et flamboyant. L’intérieur est très riche, et le regard est capté par mille détails…

Par une petite rue, nous poursuivons notre balade urbaine jusqu’à l’ancien Hôtel de Ville, qui cache depuis son origine en 1841 un théâtre à l’italienne, fermé au public en 1973 pour des raisons de sécurité. Après une longue réhabilitation, il a rouvert ses portes en 2018, et celui que l’on appelle désormais Moulin à Café en raison de son architecture extérieure, propose une affiche culturelle variée, malheureusement bousculée par la pandémie.

Après un crochet dans le beau Jardin public – très fleuri et arboré – et un dernier coup d’œil à la Chapelle des Jésuites, reconvertie en petit centre d’expo, nous nous retrouvons sur le parvis de la gare.

Deux options : rentrer par le même chemin, le long du canal, ou filer vers Clairmarais pour avoir un premier aperçu du marais audomarois. Nous choisissons la seconde solution, sans réfléchir au fait qu’en ce dimanche ensoleillé de 15 août, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée ! Résultat, la route est encombrée de voitures et de motos – on pédale dans les effluves des pots d’échappement – et une fois sur place, nous abandonnons l’idée de faire un tour en barque car celles-ci sont prises d’assaut. Ramer à la queue leu leu dans les étroits canaux ne nous tentant pas, on préfère rentrer au camping et remettre à plus tard l’excursion !

Le hic, c’est que la météo ne va pas spécialement nous laisser d’opportunités d’effectuer cette découverte du marais. Après un lundi venteux et pluvieux passé sans sortir, nous retournons à Clairmarais le mardi, et tentons une première balade à pied dans la Réserve naturelle nationale des étangs du Romelaëre. Le parcours est très bien aménagé, et la boucle d’environ 4km nous offre un bel aperçu de cet écosystème particulier. Le sentier sur pilotis enjambe parfois les canaux à l’aide de pont-levis, et un passage se fait même grâce à un bac à chaine que l’on actionne soi-même.

L’histoire des marais de Saint Omer remonte à la fondation de la ville, au VIIe siècle, quand les abbés de Saint Bertin, aidés par la population, décident de domestiquer l’Aa en creusant des canaux, en construisant des moulins de drainage et en cultivant les terres. C’est ensuite l’extraction de la tourbe, utilisée comme combustible, qui a profondément modifié le paysage et donné naissance à la mosaïque d’étangs actuelle.

Toute cette eau favorise également la présence d’oiseaux, surtout en période de migration. Là, on se contente de quelques foulques, aigrettes, grèbes huppées et cormorans qui investissent à l’année les lieux.

Une fois le circuit achevé, nous pédalons jusqu’à l’atelier des Faiseurs de Bateaux, où deux frères perpétuent la tradition en fabriquant des escutes et des bacôves, ces embarcations traditionnelles en chêne, utilisés durant des siècles par les maraîchers d’autrefois. Là, il est également possible d’effectuer une balade en barque dans les marais. Mais la grisaille du ciel et la pluie qui menace nous dissuadent d’entreprendre la balade, et on se contente d’admirer la production horticole du site. Enfin un peu de couleur !

On rentre au camping en longeant le canal de Neufossé qui, sur cette partie, est emprunté par de très grandes péniches qui relient Lille à Dunkerque. L’une d’entre elles – 100m de long – se présentant devant l’écluse, on passe un bon moment à observer la manœuvre…  

La météo ne s’améliorant aucunement – ça drache fort, même ! hein !!! – nous ne bougeons plus du camping jusqu’au jeudi matin. C’est donc un peu déçus par cette étape aux visites tronquées que nous quittons Saint Omer pour Corbie, dans la Somme. Souhaitons que le ciel soit plus clément avec nous les prochains jours…

  • INFOS PRATIQUES
  • Camping Beauséjour, à Arques. Accès au centre de Saint Omer par le chemin de halage, 4km. Accueil très agréable et souriant. Emplacements délimités (attention à l’embourbement possible en cas de pluie !). Sanitaires corrects. Resto sur place. Wifi gratuit sur certaines places (non testé, la 4G passe très bien). 18.65€ la nuit avec électricité et taxes.
  • Office de Tourisme de Saint Omer, situé derrière la cathédrale dans un beau cadre, ne pas manquer de récupérer le guide pratique du pays de Saint Omer (également disponible au camping). En revanche, pas grand-chose au niveau des pistes cyclables, mais quelques topos d’itinéraires en boucle (0.50€ – pas testés vue la météo).
  • Balade dans Saint Omer, ne pas rater les ruines de l’Abbaye Saint Bertin, la cathédrale, le centre-ville et le jardin public.
  • Balade en barque dans le marais audomarois : plusieurs départs sont possibles, à Clairmarais, chez les Faiseurs de Bateaux ou à la Maison du Marais. Plusieurs options sont possibles, promenade en petit groupe ou individuelle (barque à rame ou électrique, canoë).
  • Balade à pied dans la Réserve naturelle nationale des étangs du Romelaëre, accès libre, 3 itinéraires mais possibilité d’en coupler 2 (ce que nous avons fait).

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