Quelques jours du côté de Gallipoli, la «belle ville» du golfe de Tarente

Vendredi 22 novembre

Vers 9h, nous quittons Alberobello, enchantés par nos deux jours passés dans ce magnifique village. Nous mettons le cap sur le sud du talon italien, et en deux petites heures, nous rejoignons Torre San Andrea, un petit port de l’Adriatique. Mais une fois de plus, on fait chou blanc avec le camping repéré car il est fermé pour travaux… Deux fois en une semaine, ça commence à bien faire ! Mais comme le coin est agréable, on se pose tout de même un bon moment sur le parking situé en bord de mer. Il est interdit aux camping-cars mais devant le peu de possibilités pour se garer, on passe outre ! On fait un petit tour à pied dans les environs : le site est particulièrement connu pour son beau cadre naturel et ses fameux stacks, des piliers de pierre détachés du littoral par l’érosion. Alors que l’on pique-nique au soleil, on discute avec un couple d’Américains à la retraite qui passe quelques mois d’hiver en Italie. Une belle rencontre !

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Torre San Andrea

En début d’après-midi, on reprend la route. Bien sûr, on aurait pu rester la nuit sur ce parking en sauvage pour faire une balade à vélo le lendemain… Mais si nous privilégions systématiquement les campings, c’est uniquement pour garer le cc en toute sécurité. Et là, nous n’aurions pas été tranquille d’abandonner quelques heures notre maison à roulette sans surveillance. On roule donc jusqu’à Gallipoli, une ville située sur le golfe de Tarente et dont la toponymie dérive probablement du grec Kale Polis qui signifie belle ville.  Ici, pas de problème de camping : il y en a deux côte à côte, et chacun offre de belles réductions si on reste quelques jours. Comme on a beaucoup d’avance sur notre programme, on se pose pour la semaine…

Samedi 23 novembre

Toujours matinaux, on part à vélo vers 9h30 et on pédale jusqu’à la vieille ville, située sur une île calcaire et reliée à la terre ferme par un pont. La cité possède un riche héritage historique : fondée sous l’Antiquité par les Grecs, elle fut occupée par les Byzantins, les Normands, les Angevins, pour finir dans le bastion du Royaume des Deux-Siciles, avant d’intégrer le Royaume d’Italie en 1861. On commence par faire le tour des murs de la ville.

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Gallipoli
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Gallipoli

Le centre historique compte de nombreuses églises mais presque toutes sont fermées à la visite. Heureusement, on peut pénétrer dans la cathédrale Sainte-Agathe dont la façade comme l’intérieur sont richement décorés. Non loin, sur le quai, l’église de Santa Maria della Purità, au décor baroque, possède un superbe sol.

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Gallipoli – Église de Santa Maria della Purità

On arpente au hasard les ruelles, et dans l’une d’elles, on visite un vieux pressoir à huile souterrain. Aux XVIe et XVIIe siècles, la ville en comptait trente-cinq et grâce au port construit par Ferdinand Ier des Deux-Siciles au XVIIIe siècle, elle devint le premier centre exportateur d’huile d’olive de toute la Méditerranée, le précieux produit servant à alimenter les lampes à huile dans toute l’Europe. Mais avec l’apparition du pétrole, la production s’affaiblit rapidement et les pressoirs furent abandonnés.

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Gallipoli
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Gallipoli
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Gallipoli

Aujourd’hui, Gallipoli vit principalement du tourisme – en été surtout – et de la pêche. D’ailleurs, le port est bien actif et on passe un bon moment à observer les pêcheurs démêler et réparer leurs filets.

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Gallipoli – Port de pêche
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Gallipoli – Port de pêche

Après un détour par un supermarché – on aurait dû se douter que le samedi n’est pas le jour idéal pour faire ses courses, il y a un monde fou ! – on rentre au camping en début d’après-midi. Le ciel commence à se couvrir, la tempête prévue pour demain semble prendre un peu d’avance…

Dimanche 24 novembre

On ne bouge pas du cc : la météo est bien pourrie, il tombe des cordes toute la journée, et de temps en temps, l’orage gronde… Malgré cela, on ne s’ennuie pas : Gérard lit de la poésie chinoise – en chinois, bien sûr ! – et moi j’en profite pour écrire un premier article sur notre futur voyage en Asie.

Lundi 25 novembre

La pluie est moins intense qu’hier mais on a tout de même de la flotte toute la matinée. Vers 14h, on profite d’une accalmie pour faire une balade à pied de presque deux heures sur la plage. On va jusqu’au célèbre Lido Conchiglie, réputé pour son sable blond et son eau cristalline. Il est vrai que le site pourrait être superbe mais, une fois de plus, les détritus qui envahissent le littoral modèrent un peu notre enthousiasme !

Mardi 26 novembre

Le soleil étant revenu, on ne tarde pas, ce matin, à enfourcher les vélos. On roule vers le nord jusqu’à Santa Caterina. Au passage, on traverse Rivabella – une station balnéaire déjà vue hier lors de notre balade à pied et qui, à notre avis, porte plutôt mal son nom ! En revanche, on préfère le littoral qui va de Santa Maria al Bagno à Santa Caterina : il est nettement plus soigné – comprenez, il y a moins de poubelles jetées çà et là ! On croise aussi plusieurs tours de défense, la plupart d’entre elles ayant été édifiées aux XVe et XVIe siècles pour protéger la région des attaques régulières venues de toutes parts de la Méditerranée.

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Santa Maria al Bagno – Tours édifiées au XVIe siècle pour contrôler l’accès à l’eau douce de la rivière voisine
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Entre Gallipoli et Santa Catarina

Après une petite heure de pédalage, on arrive en bas de la Torre dell’Alto dont la construction remonte au XVIe siècle. Perchée 50 mètres au-dessus de la mer, on l’aperçoit de loin et elle est dans un bel état de conservation. A pied, on grimpe jusqu’à sa base et on fait une petite balade dans la pinède environnante qui marque l’entrée du Parc naturel régional Porto Selvaggio e Palude del Capitano.

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Santa Catarina – Torre dell’Alto au fond
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Santa Catarina – Torre dell’Alto
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Santa Catarina – Vue sur la côte nord et le parc naturel depuis la Torre dell’Alto

Vers 11h, on reprend les vélos, et on quitte la côte en direction de Nardò. La route grimpe d’abord sur la colline et en observant les superbes villas anciennes, on comprend que la région fut autrefois très prospère…

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Sur les hauteurs de Santa Catarina

On poursuit la route jusqu’à Nardò, une petite ville dont le centre historique baroque vaut le détour. Ignorée des circuits touristiques traditionnels, on a un véritable coup de cœur pour cette petite cité animée et dynamique sur le plan culturel. On note également que la commune a reçu en 2005 la médaille d’or du Mérite civil italien pour son accueil entre 1943 et 1947 de Juifs libérés des camps d’extermination nazis. On commence par visiter la cathédrale au superbe portail, puis on se pose sur la très belle piazza Salandra, dont la flèche de 19m de haut de la Guglia dell’Immacolata domine les lieux. Après un tiramisu et des profiteroles dégustés sur la terrasse du Caffè Parisi, on fait un tour dans les ruelles puis on termine par un coup d’œil au Castello dont – pas de bol – le jardin est fermé pour cause d’intempéries récentes.

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Nardo – Cathédrale
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Nardo – Piazza Salandra
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Nardo – Pause café !

Vers 14h, on rebrousse chemin et, une heure plus tard, on est de retour au camping, très satisfaits des découvertes de la journée et même pas fatigués de cette balade à vélo de 36km !

Mercredi 27 novembre

Et hop, encore un petit réveil à 5h30 comme on les aime ! Quarante-cinq minutes plus tard, on est sur les vélos et on pédale jusqu’à la gare de Gallipoli. On attache solidement nos montures à un réverbère, puis on achète nos tickets pour Lecce à un automate. Une fois de plus, on a une bonne demi-heure d’avance, alors… on patiente ! A 7h30, le train arrive et on prend place à bord d’une antique micheline un peu essoufflée. Et c’est parti pour quasiment deux heures de voyage pour seulement 53km à parcourir ! On aurait presque été aussi vite à vélo…

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En route pour Lecce, à bord de cette micheline d’un autre âge !

De la gare de Lecce, on rejoint rapidement le centre-historique. D’emblée, cette petit ville nous plait beaucoup et elle porte bien son surnom de « Florence baroque ». Ancienne colonie grecque, passée ensuite aux mains des Romains et des Normands, c’est surtout sous la domination espagnole, aux XVIIe et XVIIIe siècles, que la ville se développe et s’embellit.

On se dirige d’abord vers la Piazza del Duomo, cernée par le Duomo – autrement dit, la Cathédrale – le campanile et le palais du Séminaire dans lequel est installé le petit musée diocésain d’Art sacré.

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Lecce – Duomo

Comme c’est à l’entrée de ce musée que l’on récupère le pass nécessaire pour les visites d’églises, on commence par découvrir les quelques salles consacrées à l’art liturgique ancien. Comme souvent, on est moyennement emballés par les nombreuses représentations mortifères dans lesquelles semble se complaire la religion catholique romaine. En revanche, la petite expo de toiles modernes est très intéressante.

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Lecce – Musée diocésain d’Art sacré
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Lecce – Musée diocésain d’Art sacré – Toile moderne

On traverse à nouveau la Piazza del Duomo – manque de chance, elle est en travaux – et on pénètre dans la cathédrale. Fondée par les Normands au XIIe siècle et entièrement réaménagée par Giuseppe Zimbalo au XVIIe siècle, elle possède un très beau plafond à caissons agrémenté de peintures ainsi que de nombreux autels baroques ornés de décors réalisés en marqueterie de pierre, une technique également connue sous le nom de pietra dura. Mais ce qui nous impressionne le plus, c’est la crypte aux 92 colonnes dont les chapiteaux sont habillés de figures humaines.

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Lecce – Duomo
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Lecce – Duomo – Crypte

On poursuit la balade en empruntant la via Giuseppe Palmieri, une rue bordée de palais qui ont, au siècle dernier, connu leur heure de gloire, de quelques restaurants et de boutiques d’artisanat.

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Lecce
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Lecce

Au niveau de la Porta Napoli, on bifurque dans des ruelles qui nous mènent devant la Basilique Santa Croce. Œuvre de plusieurs architectes qui y travaillèrent aux XVIe et XVIIe siècles, c’est le monument le plus représentatif du style baroque de Lecce. Et le plus beau également, principalement pour son extraordinaire façade ornée d’atlantes et de cariatides zoomorphes.

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Lecce – Basilique Santa Croce
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Lecce – Basilique Santa Croce

Après une pause-café, on repart vers la Piazza Sant’Oronzo décrite par les guides comme étant le cœur névralgique et animé de la ville. Eh bien… ce n’est pas vraiment notre ressenti ! D’abord, les bâtiments qui la bordent ne sont pas tous du meilleur goût, et surtout, une fois de plus, notre regard bute sur des échafaudages. Eh oui, comme la Piazza del Duomo, cette place est aussi en travaux ! Heureusement, on a une belle vue sur les ruines de l’Amphithéâtre romain.

On ne s’attarde donc pas, et on poursuit la balade par un coup d’œil au château construit à la demande Charles Quint – un peu excentré, et vraiment mastoc, encore plus sobre dans son architecture que les bâtiments défensifs édifiés par les Normands ! De retour vers la vieille ville, on prend un dernier coup de goupillon en visitant l’église Santa Chiara, puis on traine dans les ruelles alentours.

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Lecce – Non loin de la Piazza Sant’Oronzo – Ancien théâtre romain

Vers 12h30, la faim commençant à se faire sentir, on déjeune dans un resto au décor très traditionnel. Au menu : pâtes aux fruits de mer, pâtes aux tomates cuisinées, escalope de veau et assiette de calamars et de crevettes frites, sorbet au citron. Un menu bien complet, proposé à 17€ et incluant même un petit pichet de vin local…

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Lecce

C’est donc un peu lourd (!) que l’on trottine vers la gare pour reprendre notre train. On saute dans le premier wagon en partance pour Gallipoli : comme la rame est très moderne, on se dit que le voyage sera plus court que ce matin. Raté ! A mi-parcours, une annonce nous informe d’un changement de train. Et c’est finalement à bord de cette bonne vieille micheline crachotante que nous rejoignons, à toute petite vitesse, la gare de Gallipoli, et accessoirement nos vélos ! Encore un bon coup de pédalage, et nous sommes de retour au camping-car vers 16h30, juste au moment où la nuit commence à tomber…

Jeudi 28 novembre

Journée tranquille consacrée aux tâches ménagères : lessive (sur ce coup, on a manqué de chance, l’unique machine du camping ayant décidé de rendre l’âme avant l’essorage de notre seconde lessive… résultat, à 17h, alors que les opérations de lavage ont débuté à 9h30 ce matin, une partie de notre linge est toujours dans la sécheuse !), ménage, courses… Mais comme le soleil a de nouveau disparu, on ne se plaint pas trop du programme, sauf en ce qui concerne problème de machine à laver ! Après cette belle étape d’une semaine à Gallipoli, on reprend la route demain et notre prochain arrêt devrait se faire à Matera, une ville connue pour ses Sassi, un ensemble d’habitations troglodytes sculptées à flanc de montagne…

INFOS PRATIQUES

  • Bivouac à Gallipoli : Agricampeggio Torre Sabea (Litoranea per Santa Maria al Bagno, Gallipoli), bien situé en bord de mer (petite route à traverser, pas vraiment de plage, rochers). Navette payante (2€) pour le centre-ville situé à 2km (accès possible à vélo mais pas de piste cyclable). Supermarché à 5mn à pied. Camping bien arboré, électricité 6A, sanitaires corrects avec eau chaude à volonté mais pas chauffés, machine à laver, sécheuse. Wifi gratuit. Accueil très sympa en français. 17€ ACSI la nuit. Promo 77€ la semaine, soit 11€ la nuit pour les séjours de 7 jours ou plus
  • Gallipoli, balade ville, cathédrale Sainte Agathe, vieux pressoir (hors saison, ouvert uniquement le week-end, 1.50€, audio disponible en français). Pour info, balade à vélo / à pied 12kmAR depuis le camping avec quasiment pas de dénivelé.
  • Balade à pied AR depuis le camping jusqu’au Lido Conchiglie, 1h30, 6km. Prévoir des baskets car les rochers sont parsemés de bouts de verre…
  • Balade à vélo / à pied sur le littoral nord, jusqu’à Santa Catarina (avec grimpette à pied à la Toore dell’Alto et balade aux alentours), puis à Nardo, boucle de 36km, 110m+.
  • Balade à Lecce, centre historique, Duomo, Palais du Séminaire et musée d’Art sacré, Basilique Santa Croce, Eglise Santa Chiara. Pour les visites intérieures – hautement conseillées – acheter un pass global, disponible à l’entrée de chaque édifice, 9€ par personne. Accès Gallipoli / Lecce en train, prévoir 2h dans chaque sens, plusieurs départs par jour (voir les horaires précis sur Trenitalia), 8.60€ l’AR.

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