A la découverte de Cambridge, la mythique ville universitaire…

Mardi 15 mars

Après un séjour de 12 nuits sans fausse note, nous quittons le camping Crystal Palace vers 10h. Comme nous sommes au sud de Londres et que nous nous dirigeons vers Cambridge, au nord, toute la subtilité consiste à faire comprendre au GPS que nous devons rester dans la LEZ, et qu’il doit absolument éviter de nous faire poser les roues dans la zone ULEZ de la capitale où nous ne sommes pas enregistrés ! Finalement, on s’en sort assez bien, et Gérard n’éprouve aucune difficulté à faufiler le camping-car jusqu’à l’autoroute. Le franchissement de la Tamise – par l’est – se fait via un tunnel vers Dartford. Cette section est payante mais comme il n’y a aucune barrière de péage, on devra plus tard régler ce passage en ligne. Un peu avant 13h, nous arrivons au Cambridge Cherry Hinton Caravan Club Site, notre nouveau point de chute pour les cinq nuits à venir. Comme le précédent, ce camping est très confortable, avec de beaux emplacements stabilisés et des sanitaires très bien chauffés ! De plus, étant situé à environ 5km du centre historique de Cambridge, il nous sera facile de s’y rendre à vélo

Mercredi 16 mars

Impatients de découvrir la mythique ville universitaire, nous sommes sur les vélos dès 8h30 ! Pas de bol, le ciel affiche un gris désespérant, mais pour l’instant il ne pleut encore pas… Premier constat : ici, la petite reine a la cote et nous sommes nombreux à pédaler vers le centre : logique, car avec environ 22.000 étudiants – dont 25% venant de l’étranger – Cambridge est une cité très dynamique ! Pour la petite histoire, il faut savoir que ce statut universitaire remonte à 1209, quand de nombreux étudiants fuirent les émeutes d’Oxford pour se réfugier dans la petite bourgade. Le premier college ouvrit ses portes en 1289, et dès 1318 une autorisation papale autorisa que l’on y délivre les diplômes – college signifiant ici université.  Bien que certains établissements aient été créés par des femmes, ce n’est qu’en 1869 que les premières d’entre elles furent admises à y étudier – et elles durent tout de même attendre 1948 pour avoir le droit d’obtenir un diplôme. Quant à la mixité, longtemps elle ne fut pas de mise, 1988 étant la date à laquelle le dernier collège se décida – enfin ! – à rompre avec cette tradition sexiste.

Ce matin, pour éviter la pluie annoncée, nous avons surtout prévu des visites intérieures. On gare donc nos montures devant le King’s College, fondé en 1441 par le roi Henri VI afin d’accueillir les étudiants les plus pauvres d’Eton College, près de Windsor. Tout un quartier médiéval fut détruit pour ériger cet immense bâtiment – auquel un nouvel édifice fut ajouté au XVIIIe siècle, dans un style académique qui dénote un peu avec l’ensemble – auquel fut adjoint une superbe chapelle, sans aucun doute la plus belle de Cambridge puisque tel était le souhait du roi. Actuellement, environ 700 élèves y étudient et y résident, et seule la chapelle et les jardins sont ouverts à la visite. Comme souvent, nous sommes les premiers à en franchir le pas, dès l’ouverture.

Achevée en 1515 sous le règne d’Henri VIII, cette somptueuse chapelle est l’aboutissement et la consécration du gothique perpendiculaire, un style architectural originaire d’Angleterre, et en vogue entre les années 1180 et 1520. Il se caractérise par des arcs en ogive, des toits voûtés, des contreforts, de grandes fenêtres ainsi que des flèches.

A 24m du sol, sa voute en éventail est tout à remarquable, et on peine à en détacher notre regard : avec ses 2.000 tonnes, c’est d’ailleurs la plus vaste jamais construite !

De même, les immenses vitraux de la chapelle comptent parmi les plus beaux de cette époque. On en compte douze grands de chaque côté de la nef et deux encore plus grands aux extrémités est et ouest. À l’exception du vitrail est, les autres sont tous d’origine flamande et datent de 1515 à 1531.

Dans la même veine, le jubé et les stalles, conçus au début de la Renaissance par des artisans étrangers, sont de toute beauté : sans conteste, le vœu d’Henri VI de construire la plus belle chapelle jamais édifiée a été réalisé !

Après une petite heure sur place, nous quittons les lieux : nous reviendrons demain pour écouter le evensong – ou chant du soir – un service religieux organisé traditionnellement au moment du coucher du soleil et axé sur le chant de psaumes et d’autres cantiques bibliques. Je tiens à rappeler que nous ne sommes pas spécialement portés sur la religion : si nous visitons autant de sites religieux, c’est principalement pour leur beauté architecturale, et dans cet esprit, écouter le Chœur du King’s College fait partie des incontournables culturels de Cambridge.  

Le ciel oscillant entre blanc moche et gris menaçant, nous ne nous attardons pas sur King’s Parade, et reprenons les vélos. A petite vitesse, nous traversons Cambridge – on ressent d’ailleurs immédiatement une ambiance qui nous plait beaucoup ! – et nous nous garons non loin de Kettle’s Yard, une maison / musée ayant appartenu à un couple de collectionneurs d’Art.

A 11h30, nous participons à la visite commentée des lieux : étant seulement quatre – guide compris ! – nous avons tout le temps nécessaire pour nous imprégner du site.

Pièce après pièce, on découvre ainsi l’exceptionnelle collection accumulée par Jim et Helen Ede au fil des décennies. Cet ancien conservateur de la Tate Gallery rencontra de nombreux artistes, et les murs de son cottage de Cambridge témoignent de sa passion pour l’Art : on découvre ainsi des œuvres de Miro, Brancusi, Henry Moore, Barbara Hepworth, Eric Gill ou encore du sculpteur français Henri Gaudier-Brzeska, dont il acquit la succession.

Tant qu’ils habitèrent le cottage – entre 1958 et 1973 – Jim et sa femme ouvrirent chaque après-midi leur maison aux visiteurs afin de leur faire profiter gratuitement de cette belle collection. Une belle initiative qui perdure encore aujourd’hui, sous la houlette de guides compétents !

La pluie s’étant invitée dès notre sortie de Kettle’s Yard, nous décidons de rentrer déjeuner tardivement au camping. Demain, si la météo ne se trompe pas, le soleil devrait briller…

Jeudi 17 mars

Rebelote, à 8h30 nous sautons de nouveau sur nos vélos : aujourd’hui, le ciel est parfaitement bleu, nous n’avons donc aucune envie d’en perdre la moindre minute ! Comme hier, on se gare devant le King’s College, et cette fois on prend le temps d’apprécier chaque détail de son architecture…

On se dirige ensuite vers Trinity College, le plus grand des colleges de Cambridge, fondé au XVIe siècle par Henri VIII. Depuis, plus de 30 prix Nobel ont été formés dans cet établissement qui accueillit entre autres le Prince Charles. Pendant ses études, l’extravagant lord Byron y amena même son ours en guise d’animal de compagnie, les chats et les chiens étant interdits !

A quelques pas de là se dresse le majestueux Saint John’s College, dont les bâtiments situés de part et d’autres de la rivière Cam sont reliés par une réplique du pont des Soupirs vénitien. Pour l’instant, on doit se contenter d’admirer les façades car à cause du Covid, la plupart des colleges demeurent fermés à la visite…

Une seule solution pour tenter d’apercevoir un peu mieux ces prestigieuses universités : faire un tour en punt, ce bateau traditionnel à fond plat qui se manœuvre – difficilement ! – à l’aide d’une grande perche. Nous louons donc les services d’un « chauffeur » – il est possible mais périlleux de vouloir diriger soi-même un punt ! – et nous nous laissons embarquer pour une balade de cinquante minutes.

Depuis le ras de l’eau, les vues sur les colleges sont superbes !

De retour à terre, nous marchons un peu le long de la Cam qui, à cet endroit, est bordée d’étroites péniches.

Puis, tout en faisant un peu de lèche-vitrine, nous retournons vers Market Square où nous déjeunons de sushis.

En chemin, on croise la très mignonne Round Church, de style roman et construite en 1130, au retour des Croisades, sur le modèle de l’église du Saint Sépulcre à Jérusalem. De plus, c’est le second plus ancien monument de Cambridge – après la St Bene’t’s Church – et il ne reste que quatre églises de ce type en Angleterre.

Et partout on voit des vélos accrochés aux grilles, preuve que ce moyen de locomotion est largement plébiscité par les étudiants ! On note également les nombreuses affiches, soigneusement plastifiées, qui annoncent concerts, spectacles, réunions et manifestations… Pratique !

Revenus sur King’s Parade, on est surpris par le nombre d’étudiants qui ont pris place sur la pelouse pour déjeuner : belle ambiance ! Il faut dire que le cadre est vraiment agréable…

Comme aucune table en terrasse n’est libre, on s’installe sur le muret de l’université pour prendre notre dessert, en l’occurrence un short bread et un brownie ! Puis on va admirer Corpus Clock, une grosse horloge sculpturale inaugurée en 2008. Plaquée or, elle ne possède ni aiguilles ni chiffres, mais elle affiche l’heure à l’aide de signaux lumineux, et un monstre-criquet-chronophage surmonte le cadran. Original !

Un peu plus loin, Pembroke College est le seul où l’on puisse pénétrer et visiter les jardins : on ne se prive donc pas d’arpenter le site qui nous parait bien plus intimiste que les vastes espaces verts des grands colleges

Comme il nous reste un peu de temps avant l’evensong, nous faisons un tour à vélo vers les backs, ces arrières de colleges où les étudiants apprécient passer du temps sur les pelouses. Malheureusement, la plupart des accès sont privés et on ne peut y accéder. On aperçoit seulement ceux de King’s College… Du coup, on se réjouit d’avoir opté, ce matin, pour la balade en punt : c’est vraiment le meilleur moyen pour découvrir ces superbes bâtiments – presque – sous tous leurs angles !

De retour au centre-ville, on craque pour quelques fudges au chocolat et autres sucreries bien anglaises !

A 17h tapante, nous pénétrons une nouvelle fois dans la cour du King’s College, et trente minutes plus tard, nous assistons au service religieux chanté. La qualité du chœur est exceptionnelle, servie par une acoustique parfaite !

On le comprendra à la lecture de cet article, nous avons eu un gros coup de cœur pour Cambridge dont nous avons particulièrement apprécié l’ambiance et la richesse du patrimoine : en bref, une étape incontournable, et facile à réaliser, à moins d’une heure de train de Londres pour ceux qui ne souhaiteraient pas dormir sur place !


  • INFOS PRATIQUES
  • Accès en Angleterre par Eurotunnel Le Shuttle au départ de Calais, et arrivée à Folkestone. Traversée rapide de 35mn, se présenter au terminal une heure avant l’embarquement pour effectuer les formalités de douane. Tous nos documents ayant été enregistrés avant le départ, l’accès au terminal est rapide et se fait grâce à la lecture de la plaque d’immatriculation (il suffit juste de confirmer sur une borne les infos). De même, les contrôles de personnes et de véhicule sont vite accomplis. Temps de traversée : 35mn. Tarif : 360€ l’AR, avec date et horaire définis. Plus on réserve à l’avance, et meilleur est le tarif ! On recommande Eurotunnel car le service fonctionne même en cas de tempête, et les navettes ferroviaires sont plus écolos que les ferrys.
  • Cambridge Cherry Hinton Caravan Club Site, idéalement situé à 5km du centre historique de la ville. Accès assez facile à vélo (piste / bande cyclable, faire tout de même attention au trafic assez intense des cyclistes ainsi qu’aux véhicules venant de la droite, pour les Français, ce n’est pas intuitif !) ou en bus, 2.80£ AR (pas testé). Accueil charmant. Camping très bien entretenu, avec des emplacements stabilisés bien plats, sanitaires très bien chauffés et agréable, laverie (6£ pour une machine + une sécheuse). 27.50£ la nuit, électricité incluse. Au préalable, il faut absolument prendre un abonnement au Caravan and Motorhome Club, 66£ par an, pour éviter une surcharge de 13£ par nuit, et également bénéficier de nombreux discounts (Eurotunnel, ferrys, visites).
  • Depuis Londres, faire attention que le GPS ne vous conduise pas dans l’ULEZ, une zone où il faut être enregistré et ou, de surcroit, un péage d’environ 13£ journalier s’opère automatiquement dès que l’on roule. Concernant la LEZ, dans laquelle le camping de Londres est inclus, il faut ABSOLUMENT faire enregistrer son véhicule pour éviter une amende de 300£ par jour de circulation (il y a des caméras qui lisent les plaques d’immatriculation dès que l’on pénètre dans ladite zone). Enregistrement gratuit, à faire 2 semaine au moins avant le départ.
  • Arriver à Cambridge par l’est : le passage se fera obligatoirement par le tunnel vers Dartford (pont dans l’autre sens) et cette section est payante. Il n’y a pas de barrière de péage, et on doit donc régler son passage en ligne, au plus tard avant minuit le lendemain, 2.50£ pour un AS pour un camping-car (pas de quoi s’en priver !).
  • A voir / à faire à Cambridge :
    • King’s College Chapel, 9h45-15h30, fermé dimanche et lundi (en hiver) et certains jours de manière aléatoire, réservation de préférence en ligne pour être sûr d’avoir un créneau, arriver 20mn à l’avance. Attention, seuls jardins et chapelle se visitent, 10£
    • Kettle’s Yard, 11h-17h, fermé lundi, entrée libre. Réservation obligatoire en ligne pour la maison & la collection permanente, visite commentée en tout petit groupe.
    • Balade en punt, départ fréquents, hors saison il n’est pas indispensable de réserver. Plusieurs compagnies offrent leurs services, comme il n’y avait pas beaucoup de monde, nous avons bénéficié d’un très bon tarif, 20£ par personne pour un bateau privé. Beaucoup plus cher en saison, il est aussi possible d’opter pour un tour collectif.
    • Balade à pied dans la ville, ne pas rater Trinity College, Saint John College, The Round Church, St Mary the Great (10h-17h30, possibilité de monter dans la tour, 6£, pas testé), St Botolph’s Church, Corpus Clock, Market Place, Pembroke College (14h-17h, visite libre des jardins et de la chapelle). Pour info, nous avons marché 6km sans nous en apercevoir ! Une déception : que les colleges soient fermés à la visite pour cause de Covid !
    • Evensong à la King’s College Chapel, 17h30, durée 45mn. A réserver sur internet la veille uniquement, ou sur place le jour même avant 15h au ticket office.

3 réflexions au sujet de « A la découverte de Cambridge, la mythique ville universitaire… »

  1. Bonjour les nomades,
    Visiblement Cambridge est une étape à ne pas manquer, surtout sous ce magnifique ciel bleu anglais qui nous ferait presque envie après l’orage que nous venons d’essuyer à Faro !
    Par contre, nous vous avons trouvé petits joueurs sur le maniement de la perche. Nous sommes sûrs que Gérard s’en serait tiré avec brio. De toute façon vous savez nager et le temps semblait propice à la baignade.
    A propos de bateaux sur l’eau, ne serait-ce pas bientôt l’époque de la fameuse course d’aviron entre Cambridge et Oxford ?
    Bonne continuation de périple (toujours à gauche, pas de blague !)
    La team Topette !

    Aimé par 1 personne

    1. Hello le Portugal !
      Pas sûr que Gérard ait su manier la perche d’une main, et de l’autre l’appareil photo !!! On a vu des néophytes tenter l’expérience et… ce n’était pas gagné pour eux !
      Concernant la course d’aviron, ce sera le 3 avril mais nous n’y seront pas (nous serons à Bath)… Trop de monde !
      Ici Gérard qui reprend la plume : ce matin, du côté de Warwick, balade à vélo le long d’un canal et parfois le chemin se rétrécissait à ne pas pouvoir se croiser, à quelques centimètres de l’eau… Tout ça pour dire que j’ai bien pensé à Georges, je te voyais plonger et ô cauchemar, j’étais obligé de te faire le bouche-à-bouche pour te ranimer !!!!
      Bonne suite de voyage, si vous êtes à Faro, vous n’êtes donc pas très loin de Fuseta et Tavira, de très bons souvenirs pour nous !
      Amitiés !

      J’aime

      1. Salut les deux comiques !
        Mon cher Gérard, je préfère mourir de ma belle mort plutôt qu’être victime d’acharnement réanimatoire…
        De plus je précise que la plupart du temps, je n’ai aucun problème pour rester sur mon vélo sans tomber.
        Nous somme dorénavant à Tavira pour une semaine, mais après une très belle journée nous avons aujourd’hui un temps anglais (il pleut quoi).
        Wait and see comme ils disent par chez vous, ou après la pluie le beau temp comme ils disent en Normandie.
        A plus
        La team Topette !

        Aimé par 1 personne

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