Ô mon paîs… Ô Toulouse, Ville Rose…

Lundi dernier, c’est avec un bel enthousiasme que nous avons repris la route en direction de l’ouest ! En effet, depuis septembre dernier, nous n’avons que peu bougé, partageant notre temps entre Roses et Avignon afin de pouvoir voir nos filles venues de New York et de Londres. Il est maintenant temps pour nous de découvrir de nouveaux horizons…   

Du mardi 11 au lundi 17 janvier

Installés au camping le Rupé, c’est à vélo que nous rejoignons chaque jour Toulouse, en pédalant le long du canal latéral à la Garonne. Malgré le froid mordant – le matin, le thermomètre affiche souvent des températures négatives – le parcours de 9km est agréable et s’effectue presque entièrement sur piste cyclable. Comme nous préférons arpenter le centre-ville à pied, nous garons nos vélos derrière la Place du Capitole, face à l’Office du Tourisme. Là, on en profite pour prendre de la documentation et récupérer nos Pass Tourisme, une carte qui permet l’accès à de nombreux musées ainsi qu’aux transports en commun. Une aubaine pour les musévores que nous sommes ! Et c’est parti pour quatre jours de balade dans la belle ville rose, chère au cœur de Claude Nougaro qui la chanta si bien…


Le Capitole, symbole incontesté de Toulouse

Impossible de ne pas entreprendre la visite par un coup d’œil prolongé au plus célèbre monument de la cité qui abrite désormais l’Hôtel de Ville et l’Opéra. Sa construction fut décidée par les Capitouls – membres élus du conseil municipal d’alors – en 1190, afin d’y établir le siège du pouvoir municipal. Mais ce n’est qu’au XVIIe siècle que le palais prit la forme qu’on lui connait actuellement.

Manque de chance, nous n’avons pas pu pénétrer à l’intérieur, le site étant en travaux cette semaine et on a vraiment regretté de ne pouvoir admirer ses murs qui racontent les grands moments de l’histoire toulousaine, de l’épisode cathare à la création des Jeux floraux, des comtes de Toulouse au siège de la ville. Néanmoins, nous avons chaque jour apprécié passer un moment sur la belle place bordée de terrasses de café…


Ambiance romane dans la basilique Saint Sernin

Bâtie entre le XIe et le XIVe siècle, la plus grande église romane de France, désormais inscrite au patrimoine de l’Unesco, est dédiée à Saint Saturnin – parfois dénommé Sernin – premier évêque de la ville, dont le martyre est encore présent dans bon nombre de mémoire de pèlerins en route pour Saint Jacques de Compostelle.

Selon la légende, c’est en 250 que Saturnin fut envoyé de Rome par le pape Fabien afin d’évangéliser la Gaule. Mais Saturnin s’opposa aux prêtres païens et refusa d’honorer l’empereur Dèce en lui sacrifiant un taureau. Il fut alors attaché à la bête qui, pris d’une folle rage, descendit à toute allure les marches du Capitole, traînant derrière lui le pauvre homme dont la tête explosa sur les marches du Temple. Son corps fut abandonné rue du Taur et recueilli par les saintes Puelles, deux jeunes femmes qui l’inhumèrent sous l’actuelle église du Taur…

Église du Taur

Retour dans le passé au Musée Saint Raymond

Ce musée archéologique, tout proche de la Basilique Saint Sernin, est incontournable pour tous ceux qui s’intéressent aux premières heures de la ville, à une époque où celle-ci s’appelait encore Tolosa.  Dans trois salles, objets et maquettes évoquent la cité et sa région au temps des Gaulois, des Wisigoths et des Romains.

Mais ce qui nous a le plus impressionnés, c’est la magnifique galerie de bustes romains finement sculptés dans le marbre, une collection d’une richesse exceptionnelle, la deuxième en France après celle du musée du Louvre…


A l’ombre du cloitre du couvent des Jacobins

Véritable joyau de l’art gothique languedocien, le bâtiment érigé entre les XIIIe et XIVe siècles est entièrement fait de briques.

Et pour l’anecdote, il faut savoir que les murs sont entièrement peints en trompe l’œil pour imiter le marbre, plus noble que la brique.

Côté histoire, l’église abrite depuis 1369 les reliques de saint Thomas d’Aquin, auquel elle est consacrée. C’est également dans ces bâtiments qu’a été établie pendant plusieurs siècles l’ancienne université de Toulouse depuis sa fondation en 1229 jusqu’à sa suppression à la Révolution française. En ce qui nous concerne, c’est surtout l’immensité des lieux, associée à une mise en lumière savamment orchestrée, qui a capté toute notre attention.

Et quel plaisir également de découvrir un tableau d’Arcabas, un artiste dont nous avions pu admirer l’œuvre en Savoie, exposée dans la Chapelle Saint Hugues de Chartreuse…


Agréable balade dans les quartiers des Carmes, de Saint Georges, de Saint Étienne et de Saint Cyprien

Pendant ces quelques jours de visite, nous avons beaucoup apprécié nous balader dans ces quartiers du centre-ville. Le nez au vent, nous avons longuement arpenté ruelles et places, souvent bordées de jolies boutiques où la violette, fleur emblématique de Toulouse, est souvent à l’honneur. Et une chose est sûre, au vu des teintes arborées par les façades, ce n’est pas par hasard que Toulouse est surnommée la ville rose !


La Cathédrale Saint Étienne, un édifice à l’architecture totalement asymétrique

En poursuivant notre déambulation dans le quartier Saint Étienne, on tombe sur la cathédrale dont l’édification s’est échelonnée sur plusieurs siècles et semble, même aujourd’hui, encore inachevée.

Autant dire que cet étagement dans le temps confère au bâtiment une architecture plutôt particulière ! A l’intérieur, il ne faut pas louper les stalles finement sculptées – et toutes différentes – ainsi que le buffet d’orgue datant du début XVIIe, suspendu en nid d’hirondelle, le plus ancien de la ville.


Les Abattoirs, un superbe musée d’Art contemporain 

Installé dans les anciens abattoirs de la ville, ce musée nous accueille par plusieurs mosaïques de Fernand Léger exposées sur les façades extérieures. Belle entrée en matière !

Une fois passé le hall d’entrée, on se dirige immédiatement vers l’expo temporaire consacrée aux splendides tapisseries médiévales de la Dame à la Licorne. Alors là, on doit avouer que l’on a eu une véritable coup de cœur ! D’ordinaire accrochées au musée de Cluny, à Paris, ces tapisseries réalisées au début de la Renaissance française – vers 1500 – forment une allégorie des cinq sens, symbolisés par l’occupation à laquelle se livre la Dame.

Ainsi, pour le toucher, la dame tient la corne de la licorne ainsi que le mât d’un étendard ; pour le goût, elle prend ce qui pourrait être une dragée d’une coupe que lui tend sa servante, et l’offre à un oiseau ; pour l’odorat, un singe respire un parfum, pendant que la dame fabrique une couronne de fleurs ; pour l’ouïe, elle joue d’un petit orgue ; et pour la vue, la licorne se contemple dans un miroir tenu par la dame. Enfin, la sixième tapisserie, celle du sixième sens, ne s’interprète que par déduction de l’hypothèse des cinq sens. On peut y lire, encadrée des initiales A et I, la devise « Mon seul désir » au haut d’une tente bleue (source Wikipédia)… Mais au-delà de ces interprétations, c’est surtout la finesse des détails qui nous interpelle, qu’il s’agisse des animaux, des fleurs ou encore des personnages. Quel travail d’orfèvre !

Parallèlement à cet exceptionnel accrochage, le musée présente également quelques superbes pièces, comme le rideau de scène peint par Picasso, la tête de cheval réalisée par Jean-Marie Appriou ou encore la structure monumentale de l’artiste japonaise Yayoi Kusama.

Et que dire de l’œuvre de Suzanne Husky qui détourne la tapisserie originale de La Dame à la Licorne en remplaçant les motifs médiévaux par un bulldozer et un activiste écologiste… Un message fort !

Second coup de cœur de la visite : les minutieuses réalisations picturales d’Agathe Pitié, une artiste qui puise son inspiration dans l’art médiéval de l’enluminure. C’est fou, on avait carrément l’impression d’admirer un tableau de Jérôme Bosch, revisité version XXIe siècle !


 Depuis les rives de la Garonne, la plus belle vue sur la ville rose

Le premier jour – mardi – la Garonne était en crue et en furie : impressionnant d’observer son puissant débit… Du coup, les quais étaient submergés et c’est donc de différents promontoires que nous avons observé le fleuve. Les jours suivants, l’accalmie nous a permis de nous rapprocher un peu des flots, mais c’est incontestablement des rives du quartier Saint Cyprien, ainsi que du Pont des Catalans que nous avons eu les plus belles vues sur Toulouse !


Développer son esprit critique au Quai des Savoirs

Esprit critique, détrompez-vous ! Tel est le thème de la nouvelle expo temporaire de ce musée scientifique. Rumeurs, fausses nouvelles, idées reçues… À qui faire confiance ? Comment savoir si une information est fiable ? Tout au long d’un parcours interactif d’environ deux heures – on enfile un bracelet connecté à l’entrée pour participer aux différents ateliers – notre sens critique est mis à l’épreuve de nos croyances et autres pseudo-certitudes. Pédagogique et amusant !


Un bain de verdure le long du Canal du Midi et dans les parcs urbains

Jouxtant le Quai des Savoirs, le Jardin Royal et le Grand Rond doivent être, en été, de magnifiques aires de détente… En hiver, on ne peut pas dire que le froid incite à se poser sur un banc ! C’est donc assez rapidement que nous avons traversé ces beaux parcs. De même concernant le canal du Midi, le long duquel j’avais prévu une balade à vélo : la grosse fraicheur nous a fait revoir à la baisse nos ambitions, et nous nous sommes contentés de suivre l’ouvrage de Pierre-Paul Riquet uniquement dans sa partie urbaine. Le pédalage jusqu’à l’écluse du Sanglier, ce sera pour une autre fois !


On en prend plein les yeux au Festival des Lanternes de Blagnac !

Jeudi soir, nous partons du camping à vélo en direction de Blagnac, commune limitrophe à Toulouse et célèbre pour son industrie aéronautique. Pour l’heure, ce ne sont pas les Airbus qui motivent notre pédalage, mais le Festival des Lanternes qui, pour la première fois, s’est invité dans le parc du Ritouret. A 18h tapante, nous pénétrons sur le site et immédiatement, nous sommes conquis par cette féérie de couleurs ! Sur les huit hectares du domaine, pas moins de 45 structures lumineuses – monumentales pour certaines – et recouvertes de soie ont été installées par des artisans chinois de la ville de Zigong, dans la province du Sichuan. En effet, c’est à Zigong que fut créé le festival des lanternes chinois, sous la dynastie Tang, entre le VIIe et Xe siècle. Festival qui s’est ensuite exporté à Pékin, Hong-Kong et Shanghai, pour enfin parvenir à Blagnac le 1er décembre 2021 ! Les opportunités des photos étant multiples, nous avons décidé de consacrer un article spécial à ce festival carrément extraordinaire. Pour découvrir tous nos clichés, n’hésitez pas à consulter La Chine à l’honneur, au Festival des Lanternes de Blagnac !


Petites déceptions…

Malgré l’attrait indéniable du Festival des Lanternes, l’hiver n’est décidément pas la saison idéale pour visiter Toulouse. En effet, entre les musées fermés pour rénovation comme le musée des Augustins ou l’Hôtel d’Assézat / Fondation Georges Bemberg, et ceux qui n’ouvrent leur portes que plus tard dans la saison comme le musée du Vieux Toulouse, la Cité de l’Espace ou la Halle des Machines, nous avons regretté de ne pas être venu au printemps ! Mais, infernale quadrature du cercle, nous aurions loupé les Lanternes et la Dame à la Licorne… Seule alternative : nous reviendrons !


… mais grosses satisfactions gastronomiques !

Étant dans un des lieux les plus emblématiques de la gastronomie française, il nous était impossible de ne pas tester quelques spécialités locales ! Au Gascon, nous nous régalons avec du foie gras poêlé, une salade au magret de canard séché et au foie gras, un succulent cassoulet, et une croustade aux pommes servie avec un petit verre d’Armagnac. Et à l’Aligot Bar, rue de Taur, nous optons pour… un aligot accompagné d’une cuisse de canard confite et des macarons à la violette ! Bref, on l’aura compris, il ne faut pas compter sur une visite à Toulouse pour perdre ses kilos superflus…


Un grand merci à Mélissa et l’Office de Tourisme pour l’organisation de nos visites à Toulouse, ainsi qu’à Karine pour l’accès au Festival des Lanternes !


  • INFOS PRATIQUES
  • Camping Le Rupé, situé à environ 9km de la place du Capitole. Accès facile en vélo, par la piste cyclable qui longe le canal latéral à la Garonne (prévoir un cadenas très efficace car de nombreux vols sont signalés, même au centre-ville), ou en transports en commun (pas testé, prévoir un changement pour le Capitole). Grands emplacements, électricité 10A, sanitaires propres. Epicerie de dépannage, laverie, wifi payant (pas testé, la 4G passe bien). Accueil très sympathique. 18€ la nuit avec électricité avec la carte ACSI (6=7).
  • Office de Tourisme de Toulouse, situé derrière le Capitole. Accueil sympathique et compétent. Un petit passage s’impose avant toute visite de la ville pour récupérer documentation et plans. Nous avons testé le Pass Tourisme, une carte qui offre la gratuité dans la plupart des musées de la ville, les transports et permet également de participer à une visite guidée de Toulouse (plusieurs thèmes possibles) et de bénéficier de réductions sur de nombreuses attractions (Cité de l’Espace entre autres). Seul bémol : lors de notre passage, plusieurs musées étaient fermés, et en hiver, les visites guidées n’ont lieu que le week-end. Néanmoins, ce pass est un véritable sésame pour les musévores qui n’apprécient pas se restreindre dans leurs visites ! Trois options possibles : 24h / 18€, 48h / 28€ et 72h / 35€.
  • A voir / A visiter :
    • Capitole (8h30-19h en semaine, 10h-18h le we, entrée libre, pas de chance, fermé pour travaux lors de notre passage).
    • Basilique Saint Sernin (8h30-18h, 10h-17h30 pour la crypte et le déambulatoire, horaires plus restreints le we, entrée libre).
    • Musée Saint-Raymond (10h-18h sauf lundi, entrée gratuite avec le Pass Tourisme).
    • Eglise et Couvent des Jacobins (10h-18h, fermé le lundi, entrée gratuite avec le Pass Tourisme).
    • Les Abattoirs, centre d’expos d’Art contemporain (expo Dame à la Licorne terminée le 16/01/22, 12h-18h, fermé lundi et mardi, entrée gratuite avec le Pass Tourisme).
    • Quai des Savoirs (expo Esprit critique => 06/11/22 – 10h-18h sauf lundi, entrée gratuite avec le Pass Tourisme).
  • Quartiers où on a apprécié se balader : Capitole et rues adjacentes (dont la très commerçante rue Alsace Lorraine), Carmes, Saint Etienne (cathédrale), Saint Georges, Bourse-Daurade, Saint-Cyprien, bords de la Garonne, Jardin Royal & Grand Rond, canal du Midi.
  • Festival des Lanternes, à Blagnac : tous les soirs du 1er décembre 2021 au 1er février 2022, de 18h à 23h. Accès possible à vélo (mais pas évident depuis le camping, on ne conseille pas), en transports en commun ou en véhicule personnel (parking réservé aux camping-cars). Sur place, possibilité de se restaurer. Prévoir au moins 2h de visite. Cette année marque la première édition du festival qui devrait être encore reconduit pour les 2 années à venir. 19€ pour un billet non daté, ce qui permet d’ajuster sa visite à la météo / 16€ le billet daté.
  • Ce sera pour une prochaine fois :
  • Nos bonnes adresses pour le déjeuner :
    • Au Gascon (rue des Jacobins, une bonne cuisine maison, à des prix défiants toute concurrence, on conseille menu à 23€)
    • Aligot Bar (rue du Taur, encore une bonne adresse qui sert des plats maisons à prix doux).

2 réflexions au sujet de « Ô mon paîs… Ô Toulouse, Ville Rose… »

  1. Magnifiques photos de Toulouse, je viens de découvrir votre blog, bel hommage à notre ville, j ai adore vos commentaires et ne manquerai pas de vous suivre dans vos périples à venir…bonne continuation

    Aimé par 1 personne

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